Au Tessin, la Lega vacille et l'UDC pourrait en profiter

Au Tessin, la Lega vacille et l'UDC pourrait en profiter
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Category: Politics
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La Lega est au plus mal et l'UDC pourrait en profiter Claudio Zali a été écarté du gouvernement tessinois après des accusations d'abus d'autorité, de contrainte et de délits à caractère sexuel. Image: Keystone/montage watson L'affaire Claudio Zali ébranle profondément la Lega. Alors que le mouvement lutte pour sa survie, l'UDC se pose en sauveur. Céline Zahno / ch media Plus de «Suisse» Depuis mercredi dernier, Claudio Zali n'a plus aucun pouvoir au sein du gouvernement tessinois. Celui-ci a, du moins provisoirement, mis un terme à sa carrière politique en lui retirant son dernier dossier. Une conférence de presse exceptionnelle a marqué le point culminant de l'affaire politique qui tient le Tessin en haleine depuis des semaines. Visé par de précédentes accusations, notamment pour soupçons d'abus d'autorité et de contrainte, Claudio Zali avait déjà annoncé sa démission pour fin septembre. Lorsqu'il est apparu qu'une nouvelle procédure pénale avait été ouverte contre lui pour soupçons de délits à caractère sexuel, les autres membres du gouvernement ont décidé de réagir. Le déclin d'un parti contestataire La chute de Claudio Zali ne laisse pas seulement un siège vacant à Bellinzone. Elle pourrait aussi bouleverser l'ensemble du paysage politique tessinois. Déjà affaiblie, la Lega dei Ticinesi perd l'un de ses principaux chefs de file, à quelques mois seulement des élections cantonales d'avril 2027. Ce mouvement, né il y a 35 ans, fait figure d'exception dans le paysage politique suisse. Fondée en 1991 sans véritable structure de parti, la Lega s'est rapidement imposée dans le débat politique tessinois. Mais elle est en perte de vitesse depuis plusieurs années. Elle a subi de lourdes défaites lors des deux dernières élections et, depuis la mort de ses figures emblématiques Giuliano et Attilio Bignasca, elle peine à trouver de nouveaux leaders. Certains connaisseurs de la politique tessinoise estiment désormais que le mouvement est condamné. «La question n'est pas de savoir si la Lega va disparaître, mais quand», affirme une personnalité influente de la politique tessinoise qui souhaite garder l'anonymat. Selon elle, le parti manque de relève et de figures capables de s'imposer. La Lega est, en outre, minée par des luttes internes: D'un côté, l'ancienne aile sociale-conservatrice, fidèle à la posture anti-système des débuts. De l'autre, des représentants d'une ligne libérale sur le plan économique gagnent en influence et dont les positions sont désormais très proches de celles de l'UDC. Union ou coup de grâce? Pendant ce temps, l'UDC tessinoise reprend confiance. Longtemps dans l'ombre de la puissante Lega, le parti agrarien adopte désormais un ton offensif. Sous la houlette de Marco Chiesa, ancien président de l'UDC suisse et actuel président par intérim de la section cantonale, il a récemment proposé un rapprochement entre les deux formations. Marco Chiesa. Keystone Officiellement, la fusion est présentée comme un partenariat. «Le nouveau parti doit réunir l'UDC et la Lega», indique Alain Bühler, président du groupe UDC au Grand Conseil tessinois. Le nom, les statuts et la forme restent ouverts. Mais Bühler prévient: «Je pense que mon parti est capable de faire élire seul un conseiller d'Etat.» La Lega, en revanche, souffre d'un sérieux problème d'image. D'autres représentants de l'UDC reconnaissent en privé que cette offre permettrait à la Lega de s'en tirer honorablement. Pour éviter une débâcle aux prochaines élections, le mouvement pourrait en quelque sorte se sauver grâce à un rapprochement avec l'UDC. La Lega refuse de se dire condamnée Le président de la Lega, Daniele Piccaluga, tempère: «La Lega ne cherche pas de bouée de sauvetage, mais éventuellement un projet politique plus fort.» Si elle discute avec l'UDC, c'est parce qu'il existe de véritables convergences politiques. Mais la Lega pose des conditions claires: «Une relation d'égal à égal, le respect de l'identité de chacun, l'autonomie politique et un ancrage clairement tessinois.» Les discussions sont en cours et il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Le politologue Oscar Mazzoleni, fin connaisseur du Tessin, souligne lui aussi que la disparition de la Lega est loin d'être actée. Le mouvement va tenter de prendre ses distances avec l'affaire Zali et de contenir la crise. «Nous ne savons pas si le rapport de forces va réellement basculer.» Seules les élections au Grand Conseil permettront de le dire. La Lega reste par ailleurs solidement implantée dans les communes tessinoises et son porte-voix, l'hebdomadaire dominical Il Mattino della Domenica, conserve une forte influence dans le canton. Oscar Mazzoleni estime qu'elle pourrait temporiser et ne se prononcer en faveur d'une fusion qu'après les élections. Reste à savoir si la Lega parviendra encore une fois à sauver sa peau ou si elle renoncera à son indépendance. En tous les cas, les rapports de force au Tessin auront changé d'ici aux élections d'avril 2027. Et, pour la première fois sans doute, la Lega ne se battra plus seulement pour le pouvoir, mais pour sa survie. (trad.: mrs)

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