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Comment interpréter cette réduction de l'écart entre les performances de la FWB et celles de l'OCDE ?
Au niveau international, il n'y a pas de quoi se réjouir de la baisse en lecture et en mathématiques. Mais derrière ce constat mondial inquiétant, il y a, au niveau de la FWB, certains éléments positifs qui, s'ils ne sont pas réjouissants, sont au moins réconfortants.
En sciences, alors que le niveau international et national baisse assez fort, la Fédération Wallonie-Bruxelles reste stable, et ce depuis le début des enquêtes Pisa. Nos résultats ne sont pas très hauts mais figurent parmi la moyenne internationale. Dans les deux autres domaines, en lecture et en mathématiques, la baisse qui apparaît chez nous est moins alarmante que celle de nos "pays voisins". Troisième élément, en termes d'équité, on enregistre une réduction des écarts entre les élèves socio-économiquement les plus favorisés et les élèves les plus défavorisés. Même chose entre les natifs et les élèves d'origine immigrée.
Evolution de la performance des élèves de la FWB en lecture, mathématiques et sciences en comparaison avec les élèves flamands et la moyenne de l'OCDE. ©D.R.
Cette chute moins marquée des performances de la FWB est-elle le résultat timide des premiers effets des réformes ?
Il est encore un peu tôt pour pouvoir affirmer que l'évolution est le résultat des réformes et l'on ne peut pas tirer de conclusion définitive. On peut néanmoins émettre l'hypothèse que s'il n'y avait pas eu de réformes telles que celles engagées depuis 2015 environ, nous aurions possiblement baissé plus que ce n'est le cas aujourd'hui.
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Les élèves qui ont été testés pour Pisa 2025 n'ont pas été formés avec les nouveaux référentiels du Pacte. Par contre, leurs écoles sont déjà entrées dans une dynamique de réforme avec les plans de pilotage et toute une série de contrats d'objectifs qui ont peut-être fait en sorte que l'on s'intéresse aux groupes les plus vulnérables.
Pourquoi le niveau des élèves francophones continue-t-il à chuter d'année en année ?
Pour répondre à cette question, on doit comprendre les raisons de la baisse internationale. Ce qu'il ressort des conclusions de l'OCDE, c'est qu'il n'existe pas d'explication définitive ni unique. On parle plutôt d'un faisceau de raisons qu'on peut retrouver à plusieurs niveaux : celui des élèves, des écoles, des systèmes éducatifs mais aussi de la société.
En lecture, notamment, les élèves ont plus de mal à répondre à des questions complexes qui font appel à différents textes et à mettre en relation différents éléments. On constate aussi qu'ils ont tendance à répondre plus vite mais erronément. Une baisse d'attention et de concentration s'observe au travers du test Pisa, dans la plupart des pays. Au niveau des écoles, il y a plus d'absentéisme depuis le Covid et le phénomène perdure. Le climat disciplinaire est de plus en plus compliqué. Tout cela a tendance à grignoter le temps d'enseignement et d'apprentissage.
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En termes de système éducatif, on constate une augmentation de l'hétérogénéité des élèves et de leurs besoins, qui nécessite un plus grand besoin de différenciation et de prise en compte des besoins individuels des élèves dans les classes, ce qui complexifie aussi l'enseignement. Et puis, au niveau sociétal, certains changements se sont opérés en termes d'attention. Cela ne concerne pas uniquement les élèves, mais la société dans sa globalité. On peut évidemment certainement lier ce constat à l'utilisation massive des smartphones. Les parents s'investissent aussi moins dans le domaine scolaire, ils demandent moins à leurs enfants ce qu'ils ont fait de la journée.
Depuis la rentrée 2025, l'usage récréatif du smartphone est justement interdit à l'école…
Cela peut être une bonne piste, tant que l'on permet aussi une utilisation intelligente des smartphones dans certains cours quand cela est utile. Dans le test Pisa, une question posée aux élèves portait justement sur la distraction par les smartphones en classe. Entre 2022 – avant l'application de l'interdiction – et 2025, les résultats indiquent une baisse d'élèves qui disent être dérangés par le smartphone. Celle-ci n'est toutefois pas impressionnante puisqu'elle passe de 32 % à 25 %. Au vu de l'interdiction, on aurait pu s'attendre à une plus grande baisse.
Selon la ministre Glatigny, le Test CLE (calculer, lire et écrire) en début de quatrième primaire et la hausse du seuil de réussite des épreuves externes à 60 % permettront de renforcer la qualité de l'enseignement…
La détection des faiblesses précoces est évidemment quelque chose de très important. Mais il faut pouvoir mettre en place derrière cela des moyens et des outils afin de pallier ces difficultés, tout en gardant au maximum les élèves dans leur groupe, c'est-à-dire sans faire de tri entre ceux qui peuvent continuer leur parcours et ceux qui seront recalés et augmenteront le taux de redoublement. L'idéal serait de mobiliser des moyens dans le sillage du Test CLE pour pouvoir encadrer davantage les élèves les plus vulnérables. Dans le cadre du relèvement des seuils de réussite, il faudrait plutôt voir en amont comment faire pour que davantage d'élèves puissent atteindre ces nouveaux paliers.
Comment expliquer les résultats des pays en tête du classement ?
Notre système scolaire se caractérise par une filiarisation plus ou moins précoce (les élèves sont orientés assez tôt vers des voies différentes : générale, technique et professionnelle, NdlR) et par un redoublement important. D'autres pays, notamment les anglo-saxons, parviennent à mener beaucoup plus d'élèves à des niveaux supérieurs parce qu'ils mettent en place des troncs communs plus longs et "à la carte". À côté des matières qui sont données dans des classes très hétérogènes, certains moments sont dédiés à des groupes de niveaux pour que les besoins spécifiques soient traités séparément. Pour certaines disciplines, par exemple en mathématiques, ils créent des classes faibles, moyennes et fortes. C'est un modèle qui semble plus efficace que la filiarisation précoce.
guillement
Notre système fait que l'on arrive à mener nos bons élèves à des hauts taux de réussite, mais que l'on n'amène que 65% des élèves à ce niveau, quand d'autres pays en amènenent 95 à 99%
Quels points faibles de notre type d'enseignement faudrait-il améliorer pour tendre vers un meilleur score au prochain test Pisa ?
Il faut essayer de continuer à réduire les inégalités. En sciences, le score de nos élèves de quatrième secondaire générale et de technique de transition, tout comme celui de nos élèves de quatrième favorisés socio économiquement, se rapproche des résultats moyens du Japon. L'énorme différence est que l'on a un haut taux de redoublement, alors qu'il est quasi inexistant au Japon. Chez eux, quasiment tous les élèves de 15 ans sont en quatrième. Chez nous, il n'y en a que 65 %. Notre système fait que l'on arrive à mener nos bons élèves à des hauts taux de réussite, mais que l'on n'amène que 65 % des élèves à ce niveau, quand d'autres pays en amènent 95 à 99 %. On a énormément d'élèves faibles et il faut travailler à leur soutien.
Mais toutes les réponses à aller chercher ne sont pas propres à la FWB. Il ne faut pas mettre de côté l'évolution sociétale, à l'échelle mondiale. On a des élèves de plus en plus hétérogènes, avec des familles très différentes et des comportements – notamment numériques – qui ont évolué chez les adultes comme les enfants. On ne peut pas non plus éliminer directement un effet Covid diffus, avec des répercussions à long terme.
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