Une journée "Santé morte" était organisée dans de nombreux hôpitaux de France ce mardi à l'appel de plusieurs syndicats pour dénoncer des manques d'effectifs, des conditions de travail qui se dégradent, et des salaires trop bas. Témoignages de personnels et patients de l'hôpital Nord à Marseille.
Il est midi devant l'imposant immeuble de l'hôpital Nord (15e) de Marseille, les personnels, par grappes, se retrouvent devant le food-truck pour un déjeuner emporté à la hâte. Dans leur journée à flux tendu, ils n'ont guère de temps pour déguster leurs sandwichs. "Moi je suis seule dans mon service avec 24 patients. C'est du travail à la chaine, on tire sur la corde et, au bout d'un moment, on est fatigués, aigris, irritables, et au final c'est le patient qui prend" explique Leyla, aide-soignante interrogée par ICI Provence.
"On manque de lingettes, de bouteilles d'eau, de plateaux repas..."
A ses côtés, Myriam opine de la tête : "en plus on manque de matériel. Nous n'avons que 20 draps pour 24 patients, on manque de lingettes, de bouteilles d'eau, de plateaux repas. Quand on en parle à notre hiérarchie, on nous répond qu'il n'y a pas de budget. On se sent délaissé. On rentre chez nous le moral à zéro". Ces deux agents reconnaissent que c'est "la solidarité de l'équipe et la reconnaissance des patients" qui les font tenir.
"Je sors de ma consultation en pneumologie, tout le monde courre partout"
Des conditions de travail qui n'échappent pas aux patient. "Je sors de ma consultation en pneumologie. Tout le monde courre de partout. Impossible d'avoir trente secondes pour discuter avec le personnel, ils sont tous dans le rush". Marjorie, infirmière, confirme : "nous sommes en sous-effectif. Nous n'avons plus le temps d'accompagner correctement les patients. Nous avons moins de temps à leur consacrer".
Une journée de mobilisation le 29 septembre dans la fonction publique
Manque de personnels, de matériel, et de reconnaissance, c'est ce que comptait dénoncer ce mardi l'intersyndicale de la fonction publique hospitalière avec cette journée "santé morte". Un tour de chauffe avant la journée du 29 septembre prochain qui s'annonce comme une forte journée de mobilisation dans la fonction publique. "Avec tout ce que nous faisons, nous ne gagnons que des clopinettes. 1.700 euros pour les heures que l'on fait, les responsabilité que l'on nous donne, et les risques que l'on prend, ce n'est pas possible" proteste Yannick, agent hospitalier.
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