Après un été suffocant à l'hôpital, les soignants mobilisés pour réclamer plus de personnels

Après un été suffocant à l'hôpital, les soignants mobilisés pour réclamer plus de personnels
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Category: Health
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Répondant à l'appel intersyndical pour une journée « fonction hospitalière morte », plusieurs dizaines d'agents se sont rassemblées ce mardi devant les différents établissements du centre hospitalier intercommunal de la Haute-Comté pour dénoncer leurs conditions de travail, notamment durant cet été caniculaire, et réclamer plus de moyens pour l'hôpital. L'action se voulait symbolique et n'a pas mobilisé les participants plus d'une vingtaine de minutes, mais elle a tout de même réuni une petite quarantaine d'agents et de soignants, ce mardi 8 septembre vers 12 h 30, devant l'entrée de l'hôpital de Pontarlier, siège du centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté. Impossible de savoir combien, au total, étaient réunis devant l'hôpital de Mouthe, les Ehpad de Levier et du Larmont, à Doubs, ou encore au Grandvallier. Reste que l'appel valait pour l'ensemble des établissements du CHIHC, répondant à l'action programmée par l'intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FO, Sud et l'Unsa : la journée « fonction hospitalière morte ». L'intersyndicale entendait dénoncer l'absence de mesures durables de la part du gouvernement, alors que les hôpitaux ont suffoqué en cet été de canicule. Dans le Haut-Doubs, les soignants n'ont pas échappé non plus aux températures dantesques dans les services… « Le bâtiment date de 1994, il n'a tout simplement pas été pensé pour de telles températures », pose Sophie Richard, secrétaire du syndicat FO au CHIHC. « Notre service se situe au 4e étage ici, on a eu en gros 35 °C tout l'été, c'est usant », appuie un petit groupe du service cardiologie et neurologie. Pour tenter de rafraîchir tout ça, le CHIHC a reçu 150 ventilateurs au mois d'août… « Des brasse-poussière », ironise une soignante, « qui sont arrivés bien tard dans la saison. » Les climatiseurs, promis aux hôpitaux par le gouvernement à la fin juin, ne sont pas encore arrivés jusqu'au CHIHC. « Une trentaine ont été commandés, on devrait les recevoir bientôt. » Des mesures de dernière minute, regrette René Marguerite, délégué du personnel CFDT, brassard noir autour du bras. « Les agents ont souffert, il y a eu beaucoup d'arrêts cet été dans les Ehpad et les services de médecine », renchérit Lydie Lefebvre, déléguée CGT. « À cause des températures, mais aussi parce qu'à défaut de remplacer les absents, on rappelait les collègues, les gens s'épuisaient », abonde son collègue CFDT. La canicule a aussi illustré de manière cruelle le manque de personnel dans les services, en particulier dans cette période synonyme de congés annuels. « Ces fortes chaleurs ont demandé des adaptations. Dans les Ehpad par exemple, les soignants ont dû passer dans les chambres toutes les demi-heures environ pour donner à boire aux résidents. » « On dit qu'on manque de lits dans les hôpitaux, mais dans ce cas, pourquoi fermer des lits l'été ? », s'interroge le petit groupe du 4e étage. « Chaque été, un service ferme - ça tourne chaque année - soi-disant pour permettre aux personnels de prendre leurs congés, mais les services n'ont pas été renforcés pour autant, et faute de lits suffisants, on a accueilli, au bout de la chaîne, des patients plus lourds en pathologie. » Les délégués syndicaux portaient un brassard noir autour du bras, en signe de deuil. Photo Laurie Marsot Après les prises de parole, une minute de silence a été observée, avant que les participants ne regagnent leurs services respectifs. Photo Laurie Marsot L'hôpital n'est plus attractif en raison des salaires. C'est bien là le symptôme le plus récurrent pour l'hôpital, selon les soignants, et qu'importent les saisons. « Les congés maternité ne sont plus remplacés depuis longtemps, les arrêts maladie non plus, sauf les plus longs, pour lesquels ils tentent de mettre des remplaçants, mais trouver du personnel est devenu extrêmement compliqué. Aujourd'hui, l'hôpital n'est plus attractif en raison des salaires », souligne le délégué CFDT, qui cite les quatre petits points d'indice gagnés en 25 ans, les salaires des agents en catégorie C, inférieurs au Smic depuis la revalorisation de ce dernier et qu'il a fallu compenser par une prime compensatrice. Quid de la prime « vie chère », dont le Haut-Doubs est privé contrairement à d'autres zones frontalières comme la Haute-Savoie ou l'Ain ? Quid encore des discussions sur la protection sociale complémentaire, « au point mort depuis des mois » ? Pour ces soignants, le diagnostic est posé de longue date, les remèdes, en revanche, se font attendre.

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