Les bourses mondiales sont sous pression mardi, entre le niveau élevé des prix de l'énergie et les craintes d'un regain d'inflation, tandis que les investisseurs scrutent les prochaines décisions des grandes banques centrales.
En Europe, la Bourse de Paris s'est octroyée 0,14%. Francfort est restée à l'équilibre (0,00%), quand Londres et Milan ont toutes deux perdu 0,10%. A Zurich, la Bourse suisse a perdu 1,55%, plombée par son mastodonte Novartis.
A New York, vers 18h00, le Dow Jones cédait 1,04%, l'indice élargi S&P 500 perdait 0,36%, tandis que l'indice Nasdaq reculait de 0,11%.
Le niveau élevé des prix de l'énergie avec la guerre au Moyen-Orient maintient les places financières sous pression en ravivant les craintes d'un choc inflationniste et en coupant «presque totalement l'appétit des investisseurs pour les actifs risqués» comme les actions, explique Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
«Les investisseurs gardent les yeux rivés sur les cours du pétrole, où la barre des 100 dollars s'avère être le point névralgique à partir duquel les décisions d'investissement sont prises», souligne-t-il.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, prenait 0,92% à 97,89 dollars vers 18h00, peu après avoir en effet frôlé les 100 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 1,38% à 92,74 dollars.
«Les marchés intègrent désormais l'hypothèse d'une guerre plus longue et de perturbations accrues sur les marchés mondiaux de l'énergie», relève Neil Wilson, de Saxo UK.
Côté gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe, grimpait de 4,02%, à 76,25 euros le mégawattheure, peu après avoir touché un plus haut depuis janvier 2023.
L'Arabie saoudite a dénoncé mardi une série de frappes des Houthis du Yémen voisin, et promis de riposter à ce qui constitue la plus importante attaque de ces rebelles pro-iraniens contre le territoire saoudien depuis plusieurs années. Ces attaques ont notamment visé des sites énergétiques dans le sud du pays.
«Cela accentue les craintes concernant l'offre alors que nous entrons dans les mois d'hiver cruciaux dans l'hémisphère Nord», explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
La BCE attendue
«La hausse des prix de l'énergie et les coûts induits pèsent d'une part sur le climat de consommation et mettent d'autre part les banques centrales au pied du mur pour inscrire des hausses de taux directeurs à l'ordre du jour», rappelle Andreas Lipkow.
Des prix du pétrole plus élevés signifient en effet «une inflation plus élevée, et les marchés obligataires sont sensibles à cette réalité», souligne Neil Wilson. Les taux flambent également sous l'effet de la concurrence des géants de la tech sur le marché de la dette, et des doutes croissants des investisseurs quant à la soutenabilité financière des Etats.
C'est dans ce contexte que se déroulera cette semaine la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait relever son taux de référence d'un quart de point, à 2,5%, pour freiner l'inflation au plus haut depuis trois ans en zone euro.
«La hausse des taux de la BCE (...) a été si largement annoncée par les responsables de l'institution qu'à ce stade, elle ne fait plus guère de doute», estime Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.
Vers 16H00 GMT, le taux d'intérêt à échéance 10 ans de l'Allemagne, référence sur le continent, évoluait à 3,35%, contre 3,38% la veille en clôture.
Le yen solide
La devise japonaise profite des attentes de relèvement des taux directeurs de la Banque centrale du Japon (BoJ) en septembre et des spéculations autour d'une possible action de soutien de Tokyo sur le marché des changes.
En une semaine, depuis la clôture de mardi dernier, la devise japonaise a gagné environ 4% face au billet vert, et prenait encore 0,14% ce mardi vers 18h00 à 154,16 yens pour un dollar.
Or, «si la banque du Japon relève ses taux (...) et que dans le même temps la Réserve fédérale américaine (Fed) reste silencieuse, le risque d'un dénouement des opérations de +carry trade+ sur le yen se fera plus pressant», avertit Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Une opération de «carry trade» consiste à emprunter de l'argent dans une monnaie dont la banque centrale pratique des taux plus faibles, afin de l'investir dans une devise aux rendements plus élevés.
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