Le conseiller économique de l'Union Tunisienne de l'Agriculture et de la Pêche (UTAP), Fathi Ben Khalifa, a vivement critiqué, la décision qui a été prise de porter la production de volaille à 16 000 tonnes. Une mesure prise « sans concertation avec les professionnels du secteur » qui risque, selon lui, d'« inonder le marché et d'aggraver massivement les pertes des éleveurs ».
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, le conseiller économique a souligné que la filière avicole traverse une crise profonde, marquée par l'accumulation des pertes financières chez les producteurs et une chute de la productivité. Face à cette situation, il a exhorté les autorités de tutelle à se concerter avec la profession et à activer des mécanismes de régulation. L'objectif : préserver l'écosystème en instaurant des lignes de financement préférentielles et en soutenant les stocks stratégiques.
Des facteurs climatiques et structurels pénalisants
Le représentant de l'UTAP a également rappelé que la production a subi d'importantes perturbations en raison des aléas climatiques et des coupures d'électricité récurrentes. Ces dysfonctionnements ont provoqué une forte mortalité au sein du cheptel, un retard de croissance des volailles et une baisse de la fertilité des oeufs à couver.
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Ben Khalifa a déploré l'absence d'une stratégie claire pour stocker les excédents durant les périodes de faible consommation -- notamment lors de l'Aïd al-Adha -- afin de réguler les prix pendant les pics estivaux. En conséquence, les éleveurs ont été contraints de vendre à perte pendant près d'un mois et demi.
Enfin, il a pointé du doigt la mise à l'arrêt du Fonds de Développement de la Compétitivité, pourtant financé par des prélèvements sur le secteur agricole, ainsi que le blocage des indemnités du fonds des calamités naturelles, privant ainsi les exploitants de leur droit légal à être compensés.
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