l'essentiel COMPTE RENDU. Plus de quatre ans après la mort de Federico Aramburu, le procès de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, Lyson Rochemir et Anthony Sorrentino s'est ouvert ce lundi 7 septembre à Paris dans une salle Voltaire comble. Le président de la cour a minutieusement repris le fil de la nuit du 18 au 19 mars 2022, avant de laisser les deux principaux accusés parler. Une journée marquée par les contradictions sur les tirs, mais aussi par l'émotion très visible des proches de l'ancien rugbyman argentin.
À quelques mètres seulement l'un de l'autre, Shaun Hegarty et Loïk Le Priol se font face. L'ancien joueur du Biarritz Olympique, présent cette nuit-là aux côtés de Federico Aramburu, est assis sur le banc des parties civiles. En face, dans le box des accusés, se trouve l'homme qui a tué son ami. Ancien militaire, il écoute sans bouger le récit du président, le corps droit et le regard fixé vers la cour. Bien coiffé, habillé d'une chemise bleu ciel et lunettes sur le nez... Loïk Le Priol, déjà condamné pour une expédition punitive contre un ancien président du GUD (auquel il a appartenu), voudrait-il montrer une autre image de lui ?
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Dans la salle, la famille Aramburu est au complet ou presque : la mère de Federico Aramburu a été contrainte de s'absenter, après avoir fait un malaise plus tôt dans la journée. Ses trois enfants ne sont pas présents non plus. Les autres proches de l'ancien rugbyman restent très calmes et silencieux tandis que sont rappelés les derniers instants de sa vie. Lors d'une pause voulue par le président de la cour, ils se regroupent, s'enlacent et discutent longuement. L'émotion est palpable. Plusieurs portent les foulards rouges de Hego Pampa, l'association créée autour de l'héritage de Federico.
"Ils sont là"
Puis le récit bascule très vite dans le vif du dossier et le rappel des différentes versions des faits... Après la première altercation au sein du restaurant "Le Mabillon", Federico Aramburu et Shaun Hegarty ont quitté les lieux. Mais quelques minutes plus tard, la Jeep conduite par Lyson Rochemir les a rejoints. Selon Shaun Hegarty, une voix a lancé "ils sont là", avant que Romain Bouvier, premier tireur et deuxième accusé, a ouvert le feu.
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Devant la cour, l'accusé a reconnu les tirs, mais a contesté avoir voulu tuer. Il a assuré avoir pensé tirer au sol pour faire reculer l'Argentin aux 22 sélections avec les Pumas, qu'il avait perçu comme une menace. "J'étais convaincu d'avoir tiré par terre, pour faire reculer Aramburu qui voulait m'agresser", a-t-il assuré avant de lâcher la voix tremblotante : "Depuis cette catastrophe, je pense tous les jours à Federico Aramburu, à sa famille et à Shaun Hegarty qui a vu son ami mourir dans ses bras". Mais ce dernier a témoigné lors de l'instruction et il n'a pas la même version, assurant avoir vu le bras de Romain Bouvier tendu et droit lorsqu'il a tiré.
"Je suis l'auteur de la mort de Federico Aramburu"
Retour à la nuit tragique du 19 mars 2022 : après les premiers tirs de Romain Bouvier, Loïk Le Priol a lui aussi retrouvé les deux amis avant de se jeter sur Federico Aramburu. Shaun Hegarty a raconté s'être placé entre les deux pour les séparer. C'est à ce moment, selon son récit, que l'accusé a tiré à plusieurs reprises. Le père de famille a été touché par six balles. Certaines blessures ont été découvertes dans le dos, élément que Loïk Le Priol a toujours contesté.
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"Je suis l'auteur de la mort de Federico Aramburu", a-t-il reconnu debout dans le box. Mais l'ancien militaire a maintenu sa ligne de défense : il a tiré pour se défendre, après avoir été agressé et frappé par les deux anciens joueurs basques. L'ancien membre du GUD a aussi invoqué un stress post-traumatique lié à son passé militaire et s'en est remis à la justice : "La cour décidera si ma défense était légitime. Quelle que soit la décision, c'est à vie que je serai condamné à porter ce drame immense".
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