[Entretien] Grégory Morin, Bienvenue au fond du trou ! Mise à jour récente !

[Entretien] Grégory Morin, Bienvenue au fond du trou ! Mise à jour récente !
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Category: Entertainment
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Pour son premier film, Gregory Morin n'hésite pas à foncer tête baissée dans son sujet. Ou plutôt, c'est la tête de Jonathan Lambert qu'il va enfoncer pendant plus d'une heure dans le trou des toilettes turques d'un bar, alternant situations ubuesques et mauvaises rencontres dans un huit clos moins cradingue qu'on pourrait le croire… Déjà auréolé de plusieurs récompenses, Flush (Gregory Morin, 2025) trouve enfin le bon tuyau pour parvenir jusqu'aux salles françaises. Nous avons eu la chance à cette occasion de nous entretenir avec le réalisateur qui ne cache pas son amour pour le cinéma de genre. © Tous droits réservés Cabinet de curiosités Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours ? D'origine berrichonne, je suis monté à Paris pour essayer de faire du cinéma il y a très longtemps, quand j'avais 18 ans, grâce à un cursus d'études cinématographiques du Conservatoire Libre du Cinéma Français. Tout en travaillant en parallèle, j'ai tout de suite essayé de réaliser mes propres films sans songer à rentrer dans le milieu par le biais d'autres postes. J'ai toujours gardé cette idée de devenir réalisateur, même si clairement, c'était compliqué. En tout cas après, j'ai enchaîné plusieurs courts à la suite avant d'avoir envie de passer à autre chose. Heureusement assez rapidement, vers la fin des années 90, j'ai rencontré le scénariste David Ness avec qui on s'est liés d'amitié. On a monté pas mal de projets ensemble, lui en tant que scénariste et moi en tant que réalisateur, et on a fait trois courts-métrages ensemble ( Belle Ordure, Dernier cri et Paris by night of the living dead ). Mais notre ambition depuis le départ, c'était d'arriver à faire un long-métrage, dans le même style et avec la même énergie qu'on avait sur les courts. Je pense que maintenant – et même à l'époque en fait – il y a toujours eu énormément de festivals pour les courts-métrages et même des chaînes qui les achètent. Mais ce n'est pas la même chose pour un long, en tout cas, au niveau commercial. La carrière d'un court-métrage est assez courte justement. Après sa diffusion en festival, c'est terminé, alors qu'un long-métrage peut te servir de carte de visite, pour la profession, ça fait plus sérieux. L'idée, à un moment, c'est de devenir professionnel et de gagner ta vie avec tes films ! Avec David, on a travaillé, on se connaît bien maintenant, on a vraiment une bonne synergie et c'est grâce à notre expérience commune acquise sur nos courts-métrages. Même si c'est toujours un peu compliqué de lancer des productions de films et que ça prend du temps, quand on a de l'énergie, on y arrive. Le pitch de départ est quand même assez fou, d'où vous est venu l'idée de suivre ce pauvre type qui se retrouve la tête coincée dans des toilettes turques ? On essaie de monter des projets de longs métrages avec David depuis Dernier cri . On a proposé des pitches de films de genre qu'il avait écrit, sur lesquelles j'avais collaboré, des envies communes mais ça ne s'est jamais fait. Et puis, les années passent et j'ai décidé que Paris living by night serait mon dernier court-métrage. On ne s'en rend pas forcément compte, mais ça prend beaucoup de temps de réaliser un court-métrage. Travailler sur l'histoire, trouver les gens pour le faire, chercher les acteurs… C'est presque le même travail que sur un long, mis à part le nombre de jours de tournage, mais ça te prend énormément de temps et d'énergie en amont. Alors, je me suis imposé une deadline : pour mes 50 ans, je réaliserai un long-métrage. Avec David, on a commencé à réfléchir à une idée de films concept mais avec un sujet qui nous plairait vraiment et qu'on pourrait faire pour peu d'argent. Bon, je ne recherchais pas non plus à récréer le Blair Witch Project , mais tu vois l'idée. Finalement, on a trouvé assez rapidement une intrigue qui nous plaisait. Au tout début, c'était seulement une séquence de meurtre d'un thriller qu'on avait commencé à écrire. Il y avait une scène absurde avec un mec qui se faisait tuer dans des toilettes vachement sales. Et tout d'un coup, à force de se prendre des raclées, sa tête a traversé le trou des toilettes turques et il se retrouvait coincé, mourant sur le coup. C'était vraiment un truc loufoque qu'on aurait pu voir dans un film de Takashi Miike, un peu rigolo mais toujours dans l'idée de surprendre le spectateur. Et un jour, alors que David balançait quelques pistes pour un film concept, de genre, d'horreur, ou d'horreur-comédie, j'ai reparlé de cette séquence et j'ai dit « Qu'est-ce qui se passerait si le mec restait vivant ? » Ça nous a fait rire et il m'a proposé des idées qui étaient cool. Finalement, comme on était sur la même longueur d'onde, il a écrit le script assez rapidement. C'est un peu difficile à vendre comme concept ! On a proposé le script à des producteurs – même à des petites boites de prod – et en définitive, ça trainait trop. Il y a des producteurs qui voulaient qu'on enlève complètement le côté genre du film pour en faire juste une comédie tandis que d'autres nous proposaient des acteurs vraiment pas terribles. Il y avait bien une petite structure très motivée mais elle voulait faire le film à ma place et il n'en était pas question. Je me sentais un peu coincé et j'ai fini par en parler à mes amis et à des gens qui me soutenaient sur le projet à ce moment-là. Je leur ai demandé, « Est-ce qu'on ne pourrait pas le faire ce film, si chacun mettait un peu d'argent dedans ? Pourquoi ne pas se lancer un peu à la commando, en tant que film 100% indépendant ? » Ce n'était pas forcément le truc le plus simple mais on a tenté le coup ! On a ouvert une petite structure et on a commencé la production, cherché les acteurs et un minimum d'argent parce que les dépenses, ça va vite ! © Tous droits réservés Le film ne donne absolument pas l'impression d'avoir manqué de moyens Au niveau production, ça a été quand même assez compliqué parce qu'on n'y connaissait pas grand-chose et qu'on a en plus tourné le film sur plusieurs années. Il a même fallu trouver d'autres associés en post-production pour le terminer. Mais par contre au niveau artistique, on a vraiment pu faire ce qu'on voulait David (Neiss) et moi-même. Même si Flush est un petit budget totalement indépendant, j'avais vraiment envie de le rendre le plus cinématographique possible, qu'il soit calibré pour la salle et non pas seulement voué à être regardé sur un ordinateur portable. Au départ, on s'imagine qu'un concept aussi minimaliste ne va pas couter très cher, avec son nombre de personnages restreint dans un lieu fixe. Sauf que pour mes idées de mise en scène, il fallait un décor entièrement construit en studio, avec une esthétique particulière que j'avais bien en tête et complètement modulable. Tout de suite, ça à un prix. Mais j'avais une envie et je n'en démordais pas. Mes films préférés quand j'étais ado, c'étaient ceux de Ridley Scott, en particulier Alien et Blade Runner . Je me disais, si je ne fais qu'un seul long métrage, j'aimerais que ça ait autant de gueule que ces films là. Je voulais faire le Blade Runner des toilettes ! Le Blade Runner des toilettes. Oui, c'est complètement ça ! (rires) On essaye toujours de rentrer un peu des choses qu'on aimait ou qui nous ont donné envie de faire du cinéma. Je pouvais aller dans cet esthétisme sans que ça dénature le scénario, au contraire, ça servait l'histoire. Dès le départ, en tout cas, je voulais vraiment que toute l'action se déroule dans les toilettes, tenir le concept jusqu'au bout. Dans des films comme 127 heures (Danny Boyle, 2010) ou Oxygène (Alexandre Aja, 2021), il y a toujours des astuces à un moment de l'histoire pour que le personnage nous entraine dans des flashbacks . Il commence à penser à sa petite amie, il se rappelle de sa grand-mère à la maison de retraite et puis il est là avec elle. Je ne voulais pas de ça mais il faut malgré tout tenir le spectateur en haleine pendant plus d'une heure. L'idée, c'était d'accumuler des rebondissements totalement inattendus. Dans un film qui se déroule dans les toilettes, le spectateur s'attend forcément à une sodomie ou à des trucs scato… On a évité cet écueil pour trouver des situations plus rigolotes et surprenantes. Mais pour concrétiser toutes ces idées de mises en scène, il fallait que je puisse placer ma caméra ou je le voulais. Heureusement j'ai eu la chance de rencontrer un super Chef Décorateur, Pierre-Julien Journet. Tout a été construit entièrement, que ce soit la partie la plus haute, où les gens évoluent, avec le corps de Jonathan – c'est vraiment lui à chaque fois, il n'y a pas de doublure ! – ou la partie basse avec la tête coincée, les tuyaux et tout. C'était tellement bien conçu que je pouvais filmer de tous les côtés. Même si ça reste un huis clos, il fallait rester le plus inventif possible pour que les spectateurs ne se retrouvent pas toujours avec un plan fixe. Les effets pratiques sont assez dingues d'ailleurs ! © Tous droits réservés Bien sûr, je suis pour plus d'effets de plateau ! À un moment on avait carrément pensé à rajouter une torche humaine avec un cascadeur qui devait prendre feu mais ça devenait compliqué pour avoir les autorisations… On aurait pu faire en post-production la séquence où Jonathan Lambert a la tête immergée dans l'eau, mais ça n'aurait jamais eu le même rendu. C'est vraiment un truc qu'on a filmé en live, dans un aquarium construit par le décorateur. Je ne suis pas allé dans le plus simple pour ce premier le film à vrai dire (rires) . Outre la séquence aquatique difficile à tourner j'avais aussi des animaux à gérer sur le plateau ! Les deux petits rats possédaient chacun leurs spécificités : Il y en avait un qui se laissait facilement manipuler tandis que l'autre était capable d'aller d'un point A à un point B. Aucun animal n'a été maltraité bien sûr ! Nous avions un super dresseur animalier de cinéma. Sans lui c'était mort : tu ne peux même pas attraper l'animal, n'importe quel acteur pouvait se faire mordre et d'ailleurs Jonathan Lambert flippait un peu au début. Mais ça s'est bien passé, on a eu de la chance. Tu as réussi à avoir Jonathan Lambert sur Flush , Pierre Bellemarre sur le court-métrage Dernier Cri … Comment arrives-tu à convaincre ces gens-là de te suivre dans tes idées extravagantes ? Sur les courts-métrages, en général, les gens ne sont pas payés, ou alors très peu. Mais même là, pour un film indépendant, tous les acteurs, étaient prêt à jouer pour un cachet plus réduit que d'habitude. Dans le cas de Flush , c'était vraiment sur scénario, parce que Jonathan Lambert, je ne le connaissais pas avant. On a réussi à lui envoyer le script hors-agent et il nous a avoué après coup qu'au départ il l'avait lu un peu par politesse. Il s'est dit « je vais lire les premières phrases de ce truc débile qui m'a mis dans les toilettes et puis après je vais leur dire gentiment à ses cocos que non merci » (rires) Finalement il est rentré dedans hyper vite et il nous a rappelé assez rapidement pour me rencontrer. Normal qu'il ait accroché vu l'écriture des personnages. Même s'ils ont tous des personnalités un peu border , ils restent quand même attachants. Ils existent tous et ils ont tous leur place dans l'histoire Les scénarios de David sont vraiment super bien écrits, même si on est dans un film de genre, ce n'est pas qu'un délire de geek, on a toujours insisté pour que ce soit un film avec des vrais personnages. Lui et moi on a un peu de mal avec les protagonistes manichéens, style le mec super héros opposé au méchant. C'est toujours plus intéressant d'avoir des personnages ambigus avec des défauts. On aime bien les gens un peu loosers , mais qui se retrouveraient à un moment dans cette zone un peu perdue, cette quatrième dimension des toilettes. On voulait que le public ait de l'empathie pour eux. Je pense que c'est aussi le cas pour ceux qu'on ne voit pas beaucoup à l'écran, comme Val. Il y a cette fille qui débarque, un peu bizarre, mais on sent qu'elle a différentes émotions, qu'elle est partagée entre aider ou ne pas aider Luc, entre la drogue ou l'abstinence. Et puis à la fin, on est touché par ce qui lui arrive aussi. Même si ce sont des loosers qui se retrouvent dans cette situation, ils finissent toujours par faire quelque chose d'un peu exceptionnel. Et puis, le but c'est de servir vraiment l'histoire, même si j'ai peut-être un peu fait d'exercices de style dans des transitions, pas forcément pour me la péter mais pour essayer de mettre en valeur le plus possible ce que David avait écrit. Et je pense que ça fonctionne bien. © Tous droits réservés On retrouve aussi cette sensation dans tes courts-métrages. On y voit des personnages souvent un peu absurdes, dans des situations tout aussi absurdes, parachutés dans un monde qu'ils ne comprennent pas. De ce fait, il y a un décalage. Parfois ça prête à rire mais la plupart du temps, ça rend la réalité encore plus effrayante. Excellent ! (rires) C'est totalement l'idée. Comment as-tu dirigé Jonathan Lambert pour qu'il trouve le ton juste ? Le script est beaucoup écrit même s'il a bien évidemment proposé des petites choses. Il s'est beaucoup investi et s'est donné à fond physiquement, par rapport à sa position qui n'était pas confortable, au maquillage, aux séquences sous l'eau ou avec le rat… il y avait quand même pas mal de performances à faire et je pense qu'il ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi dur. Mais il a tout de suite été super au niveau du jeu, avec un panel d'émotions qui pouvaient aussi bien aller dans les séquences de tension, d'horreur, mais aussi dans le comique pur avec des situations ubuesques. Il devait à la fois être capable de mentir mais aussi d'être sincère. En tant qu'acteur, ça lui faisait vraiment plein de choses différentes à défendre. De toute façon, on a très vite vu pendant casting qu'il avait compris le personnage. Tu traites la violence physique et la violence psychologique de façons très différentes. Il arrive à Luc des tas d'horreurs durant tout le film et ça rend les spectateurs hilares. Par contre, dès qu'on rentre dans l'émotion, la salle se calme immédiatement Ouais, je vois ce que tu veux dire. C'est vrai que dès que tu vas dans le graphique, tu as envie d'aller aussi peut-être un peu dans le comique, comme la scène avec l'oreille coupée. Mais même si le personnage est dans une position un peu absurde, même si c'est un looser , il essaie quand même. On voit qu'il est vraiment perdu, mais on a envie qu'il s'en sorte. Il faut que le spectateur ait de l'empathie pour suivre un unique personnage pendant plus d'une heure. On ressent parfois ce profond désespoir en lui, avec sa mère qui lui raccroche au nez parce qu'elle en a marre, parce que c'est toujours un drogué qui va encore la taxer. C'est important de réussir ces moments-là dans le film, outre les effets gore et comiques. On retombe dans un contexte plus réaliste avec cette violence psychologique. On se moque de ce qui arrive aux personnages mais au niveau moral, on ne juge jamais. David et moi, on a quand même pas mal travaillé sur ça, sur cet équilibre. Sans spolier, la fin est totalement représentative du ton du reste du film. On a l'impression que ça va finir comme ça mais il y a quand même un dernier petit trait d'humour, pendant le générique. C'est un mélange, il montre un peu de sincérité mais aussi un peu de mensonge. On ne voulait pas que ça casse le côté émotion de la fin, alors on l'a mis pendant le générique. C'est un gag qui nous faisait rire à David et à moi, donc on voulait vraiment le rajouter. Il y a des gags, des choses qu'on a envie de garder et qu'on essaie de mettre au bon endroit pour que ça ne parasite pas les moments un peu plus émotionnels. Mais c'est ce côté-là qui fait que ça reste en mémoire. S'il y avait seulement le côté gore et marrant, ça marquerait moins. On ne peut pas rester uniquement sur un concept avec deux ou trois situations différentes, on est obligé de développer les personnages du mieux possible et David trouve quand même plein d'idées pour les ramener dans une zone inconfortable que le spectateur n'attend pas forcément. © Tous droits réservés Toi qui est fan du cinéma asiatique, on ressent bien son influence sur ton film. Oui, Les films coréens arrivent très bien à gérer les ruptures de tons, il calent une séquence super violente et juste après un truc super décalé, limite comique, et ça fonctionne. Lorsque j'ai découvert Takashi Miike à la fin des années 90, je me suis dit « Putain, c'est le roi du monde !». Le mec faisait aussi bien des films un peu indépendants au Japon que des longs métrages qui explosaient à l'international et en festival, comme Audition ou Dead or Alive. Les amateurs de films de genre comme moi ou de films un peu barrés qui voyaient ça en festival hurlaient de joie « Waouh, le mec, c'est génial !». Cette liberté artistique, tu galères à l'obtenir dans ton pays, même pour un film de genre un peu classique. Et tu vois ces gars, à côté, super libres et qui arrivent à faire des longs-métrages qui sont montrés partout, même si ce sont des petits budgets. Tu te poses des questions. En France, il y a toujours eu quelques productions horrifiques pas chers avec notamment Alexandre Aja, Pascal Laugier, Alexandre Bustillo et Julien Maury… Ben maintenant ils sont tous parti aux Etats-Unis. Avec David, on est vraiment fans des films d'horreur. Outre les films asiatiques, j'aime bien aussi un réalisateur comme Alex de la Iglesia, qui m'a beaucoup influencé. Après, tu n'as pas non plus envie de faire juste un film plein de références, un truc à la Tarantino. Même si Tarantino s'en sort plutôt bien mais avant tout, tu veux raconter une histoire. Le meilleur hommage qu'on peut faire à un genre, c'est d'essayer de faire quelque chose d'un peu original, sans copier les réalisateurs qu'on adore. C'est le cas, c'est un film assez unique en son genre ! Parfois on se demande même si on n'est pas allés trop loin ! (rires) Mais avec Jonathan Lambert ça aurait été dommage de ne pas garder le côté comique à l'extrême. Certains journalistes essayent de retrouver certaines références. Ils citent Quentin Dupieux pour le côté un peu concept ou Gaspar Noé pour le côté un peu trash . Mais je pense qu'au niveau du ton et de ce que ça raconte, on n'est vraiment pas là-dedans. Je le rapprocherai plus du style de Alex de la Iglesia, dans le ton un peu décalé, horreur-comédie, les côtés un peu grotesques. Vous avez dû appréhender la première du film… C'était à Fantasia, fin juillet de l'année dernière que je le montrai pour la première fois à un vrai public. Je me rappelle avoir été surpris de voir la salle remplie, même si ça n'a fait qu'augmenter mon stress. C'est toujours une appréhension, tu te demandes si tu n'es pas allé trop loin en fait… Mais c'est vite redescendu quand j'ai entendu les gens rire et applaudir. Ils vivaient le film, ils ne se moquaient pas de lui. On a eu le prix du public là-bas, ça a permis d'attiser la curiosité et de gagner d'autres prix en cascade. C'est quand même génial de voir une production indépendante attirer les foules. Les gens nous font même des blagues sur l'affiche parce qu'on ne voit presque plus l'image, recouverte des logos et lauriers des festivals. © Tous droits réservés Pour finir, est ce que tu as des projets en ce moment ? On travaille avec David sur un nouveau projet qu'on va essayer de faire produire de façon plus professionnelle, avec AJM Studio. On a cherché un moment ce qu'on allait bien pouvoir proposer après Flush , forcément les gens attendent qu'on fasse un truc dans le même style, dans un mélange horreur/comédie. Et là on a un sujet qui nous plaît vraiment, on est assez emballés. Ça fait vraiment plaisir de voir des films de genre français aussi singuliers On n'en fera peut-être qu'un mais au moins faisons les choses qui nous plaisent et on verra ! On a réalisé notre œuvre à nous, un peu égoïstement on a filmé ce que nous-mêmes on avait envie de voir sur grand écran. Ça fait quand même vachement plaisir de constater que ça plait aussi aux autres, l'idée c'était quand même de le partager massivement en salles. On s'est imposé quelques difficultés, je pense que ça aurait été plus simple de faire un film plus radical en matière d'horreur, sans mélanger les genres. On aurait trouvé plus facilement des producteurs. Mais au final, on est restés fidèles à nous-mêmes et ça a payé. Encore merci à vous de vous intéresser aux films un peu différents, j'espère que les gens qui n'ont pas pu le découvrir en festival pourront le voir en salle dans les meilleures conditions. Propos de Grégory Morin Recueillis et retranscrits par Charlotte Viala Merci à Frédéric Thibault, ainsi qu'au festival Extrême cinéma

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