La justice n'a pour boussole que le droit. Pourtant, ce lundi 7 septembre, devant le tribunal de police d'Ajaccio, il a beaucoup été question de morale. Mais les faits que devait juger cette juridiction relevaient bien de violences volontaires. Jean-Pierre Luciani, conseiller pédagogique à l'inspection du travail, secrétaire national du STC Educazione et vice-président de Scola Corsa, devait répondre de ces infractions, commises le 16 juin 2026 sur une employée du rectorat dans le cadre d'une intrusion dans les locaux de cette institution. L'objectif ? Accrocher une banderole dans le cadre de discussions en lien avec la pérennisation d'emplois dans le réseau Scola Corsa.
"Je ne le connais pas ce monsieur, je n'ai aucun intérêt à lui faire du mal"
Jean-Pierre Luciani conteste les violences, les vidéos de surveillance vont dans son sens mais le parquet estime que les faits sont avérés et a sollicité 800 euros d'amende à l'encontre de cet homme de 62 ans dont 400 euros avec sursis.
À la barre, la plaignante, bouleversée par la situation, par une salle comble de soutiens du prévenu aussi, peine à trouver ses mots. "Je n'ai jamais dit qu'il m'avait ceinturée", jure-t-elle. "Moi, je ne le connais pas ce monsieur, je n'ai aucun intérêt à lui faire du mal", indique en préambule la jeune femme, face à celui qui assure être connu "comme le loup blanc" au sein des instances éducatives, fort de son expérience vieille de 43 ans. "J'ai senti une présence, venue par-derrière. Il a vu que j'étais en panique, il a quand même insisté pour entrer dans les locaux. Je comprends qu'il se défende, mais moi, j'ai eu très peur, j'ai été très choquée", confie-t-elle.
"Dans son rapport, la police, s'appuyant sur les vidéos, précise qu'il n'y a eu aucune violence commise"
"Cette dame a eu un comportement exemplaire, mais elle n'est pas victime de violence volontaire au sens où l'entendent les articles du code de procédure pénale. Dans son rapport, la police, s'appuyant sur les vidéos, précise qu'il n'y a eu aucune violence commise et que mon client effectue un geste d'apaisement", plaide Me Camille Romani, aux intérêts de Jean-Pierre Luciani.
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