Sur le boulevard du 30 Juin et plusieurs grands axes de Kinshasa, des individus se réclamant du ministère provincial des Transports interpellent violemment les motocyclistes et automobilistes en pleine circulation depuis plusieurs semaines.
Habillés en tenue civile, ces agents surgissent sur la chaussée, agrippent les guidons des motos ou les volants des véhicules en mouvement et exigent le paiement d'amendes forfaitaires sans délivrance de quittance.
Selon des témoignages concordants, cette pratique crée des risques d'accidents pour les usagers et alimente un réseau d'extorsion dont les recettes échappent au Trésor public.
Une interpellation dangereuse
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Les témoignages recueillis mardi 8 septembre auprès de conducteurs et de passagers décrivent des interpellations brusques en pleine circulation.
Selon ces témoignages, des personnes se présentant comme des agents du ministère provincial des Transports abordent les conducteurs par surprise. Elles se placeraient au milieu de la chaussée, avant de s'agripper aux motos ou aux véhicules pour les arrêter.
Ces manoeuvres peuvent provoquer la chute de passagers ou contraindre les conducteurs à effectuer des écarts brusques pour éviter un accident.
Les sommes réclamées varient, selon les témoins, entre 20 000 et 50 000 francs congolais. Elles seraient payées en espèces, sans remise de quittance ou d'un autre document justificatif.
Inquiétude des usagers
Les usagers de la route et les victimes directes de ces arrestations dénoncent la mise en danger de la vie d'autrui et l'absence de régulation administrative.
Un conducteur de taxi-moto témoigne des risques encourus au quotidien, affirmant avoir échappé à la mort.
« Tu roules tranquillement avec ton client, soudain quelqu'un attrape ton guidon. On a failli être écrasés par un bus. Ils disent qu'ils sont du ministère, mais ils veulent juste l'argent. Si tu donnes 20 000 ou 50 000 francs, ils te laissent partir sans aucune quittance. »
Face à la multiplication de ces contrôles illégaux, les passagers expriment également leur exaspération, à l'image de Carole, une habitante de la capitale :
« C'est inadmissible. On peut traquer les infractions, mais pas en mettant la vie des citoyens en danger. Faudra-t-il qu'il y ait un mort sur le boulevard pour que les autorités encadrent ces contrôles ? »
Les usagers de la route demandent une intervention des autorités urbaines et de la police de circulation routière pour mettre fin à ces méthodes d'interpellation et clarifier le statut de ces agents.
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