Les funérailles du criminel de guerre condamné pour génocide ont provoqué la colère de la Bosnie, qui a pris des mesures de rétorsion.
La Bosnie a pris mardi des mesures de rétorsion avec l'expulsion de deux diplomates serbes de Sarajevo, accusant Belgrade d'avoir «franchi toutes les lignes rouges» lors des funérailles de l'ex-commandant des Serbes bosniens, Ratko Mladic, condamné pour génocide. Ces obsèques qui ont ravivé les heures les plus sombres de la guerre en Bosnie ont suscité la colère du chef de la diplomatie bosnienne, Elmedin Konakovic, qui avait annoncé lundi le retrait d'un certain nombre de diplomates et employés de l'ambassade de Bosnie à Belgrade.
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Il a également fait part de son engagement personnel à «réduire au plus bas niveau» les relations entre son pays et la Serbie. Des milliers de personnes ont assisté lundi à Belgrade aux funérailles du général Mladic, qui se sont déroulées avec les honneurs militaires et en présence d'au moins six ministres du gouvernement serbe, dont celui de la Défense et de la Justice.
«Von der Leyen refuse d'appeler les choses par leur nom»
Emir Suljagic, directeur du Centre mémorial du génocide de Srebrenica
Par ailleurs, tous les principaux dirigeants de l'entité serbe de Bosnie (RS, Republika Srpska) ont assisté à l'enterrement, aux côtés de Milorad Dodik, ancien président déchu de la RS mais qui reste l'homme fort de cette entité. Le président du Conseil européen Antonio Costa et la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont déclaré mardi matin sur X que la présence de responsables politiques serbes aux funérailles était «profondément regrettable».
La réaction des dirigeants européens a été vivement critiquée par le directeur du Centre mémorial du génocide de Srebrenica, en Bosnie orientale, Emir Suljagic. «La seule chose regrettable dans toute cette affaire, c'est que Von der Leyen refuse d'appeler les choses par leur nom», a asséné M. Suljagic dans un message sur X. «Nous en avons assez de voir des gens rendre un hommage de pure forme aux victimes tout en continuant à serrer la main de responsables politiques qui rêvent de futurs génocides», a-t-il ajouté.
Les funérailles de celui qui a été surnommé le «boucher des Balkans» durant la guerre en Bosnie ont continué de provoquer de vives réactions dans le pays. Célébré comme un «héros» par un grand nombre de Serbes, son nom est synonyme de crimes de guerre pour les familles des victimes.
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Deux diplomates serbes expulsés
Mardi, le chef de la diplomatie bosnienne a annoncé l'expulsion de deux diplomates de l'ambassade de Serbie à Sarajevo: l'attaché militaire et un conseiller représentant de l'agence serbe de renseignement (BIA). M. Konakovic a précisé qu'ils disposaient de 48 heures pour quitter le pays. «Nous leur recommandons de respecter strictement les règles de notre État», a ajouté le chef de la diplomatie bosnienne, lors d'une conférence de presse à Sarajevo.
Les autorités serbes «ont franchi toutes les lignes rouges possibles avec ce qu'ils ont fait hier et au cours des jours précédents avec l'accueil» de la dépouille de Ratko Mladic à Belgrade.
Chef de l'état-major de l'armée des Serbes de Bosnie pendant la guerre (1992-1995), Mladic a été condamné en 2017 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), notamment pour génocide de Srebrenica (est), dans lequel environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques capturés ont été tués en juillet 1995. Le verdict a été confirmé en appel en 2021.
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