Mistral AI boucle une série D de 3 milliards d'euros, portant sa valorisation à plus de 21 milliards d'euros. Le tour, mené par Samsung et soutenu par des investisseurs américains et européens, s'inscrit dans une stratégie affichée de contrôle et de souveraineté. Le laboratoire prévoit d'accélérer ses capacités, son déploiement international et des services orientés entreprises et États. Un tour international assumé, du Luxembourg à la Corée du Sud
Le tour de table a été mené par Samsung Electronics, avec le fonds Scaleup Europe géré par EQT et PSG Equity en co-leaders. Parmi les investisseurs figurent des acteurs américains déjà présents comme a16z, Nvidia et Salesforce Ventures, ainsi que de nouveaux entrants américains tels qu'Advent et BlackRock. Le Grand-Duché de Luxembourg rejoint également le tour, tandis que de nombreux bailleurs européens existants ont renforcé leur engagement, confirmant la dimension internationale du capital de Mistral. Emmanuel Macron a salué sur X l'ambition partagée par la France et la Corée du Sud de bâtir une « troisième voie » en IA. ASML, fabricant néerlandais de puces, est aussi partenaire et investisseur majeur, et l'entrée de Samsung bénéficie du soutien des autorités françaises. La trajectoire de Mistral est rapprochée de celle d'Aleph Alpha en Allemagne et Cohere au Canada. Des usages orientés contrôle plutôt que grand public
Mistral AI affirme ne pas chercher à créer un « ChatGPT européen » et précise que ses modèles ne sont pas encore destinés au grand public, se présentant avant tout comme un laboratoire d'IA. En août, la société a introduit des outils qui offrent à ses clients la possibilité de déterminer où sont traitées leurs requêtes. Elle propose désormais l'hébergement de modèles tiers à poids ouverts, parmi lesquels figurent des modèles chinois, tout en indiquant souhaiter que ses clients conservent la maîtrise des modèles employés ainsi que de leurs usages. Certains détracteurs ont vu dans l'hébergement de modèles chinois une indication d'une orientation vers la prestation d'inférence. Mistral met en avant sa recherche de pointe comme socle de son infrastructure, de ses produits et de sa souveraineté, et cible principalement les gouvernements et grandes entreprises souhaitant conserver une maîtrise sur l'IA. Capacités et infrastructures : cap sur 1 GW en Europe
Mistral AI prévoit de construire 1 GW de capacité de calcul en Europe d'ici 2030. Les fonds levés serviront à augmenter la puissance de calcul, bâtir des infrastructures, accélérer la croissance commerciale et étendre la présence internationale. Cette orientation s'inscrit dans une volonté de répondre aux préoccupations européennes concernant la dépendance aux technologies américaines, dans un contexte de tensions politiques autour de la régulation et des produits d'IA aux États-Unis. Financement record, valorisation en forte hausse et partenariats
Mistral AI a annoncé une série D de 3 milliards d'euros, valorisant l'entreprise à plus de 21 milliards d'euros, soit environ 3,58 et 24,39 milliards de dollars respectivement. L'entreprise présente cette opération comme la plus grande levée de fonds en capital jamais réalisée par une entreprise technologique européenne. L'annonce confirme des rumeurs antérieures. Mistral maintient des liens avec des acteurs américains, notamment via un partenariat stratégique avec Microsoft, considérablement élargi en juillet. Dans un marché où la demande pour des infrastructures d'IA souveraines augmente, le fait de ne pas être une entreprise américaine aurait apparemment soutenu les revenus de Mistral. Rayon d'action étendu à 20 pays
Mistral AI opère désormais dans 20 pays, illustrant l'élargissement de sa présence internationale.
(0)Comments