Une vidéo à l'origine des tensions
L'affaire trouve son origine dans une séquence diffusée sur les réseaux sociaux à la suite du Gamou. Dans cette vidéo, Capitaine Sy avait tenu des propos évoquant la possibilité de « mettre le pays en cendres », déclenchant de nombreuses réactions en ligne.
D. Mbengue fait partie des internautes ayant relayé l'extrait, en le publiant notamment sur son statut WhatsApp.
Selon le récit livré aux enquêteurs, cette publication aurait provoqué une série de tensions avec une voisine, R. Seck. Le plaignant affirme que celle-ci l'aurait insulté, ainsi que sa mère, avant de communiquer son numéro de téléphone à d'autres personnes qui auraient commencé à lui adresser des menaces.
Une première tentative de plainte
Face à cette situation, D. Mbengue aurait envisagé de saisir la justice le 2 septembre. Il aurait toutefois renoncé à cette démarche après l'intervention de son père et de proches des deux familles, qui vivent dans le même quartier.
Quelques jours plus tard, les événements allaient prendre une tournure beaucoup plus violente.
Un rendez-vous qui tourne au guet-apens
Le vendredi 4 septembre, vers 21 h 45, D. Mbengue, qui travaille dans le secteur de la pâtisserie, reçoit l'appel d'une femme se présentant comme A. Diène.
Selon sa déposition, cette dernière lui aurait expliqué que des clients souhaitaient commander des gâteaux et lui aurait proposé de se rendre à la plage de Yoff BCEAO pour le rendez-vous.
Une fois sur place, six hommes encagoulés auraient surgi avant de le frapper à plusieurs reprises avec des bâtons télescopiques.
Blessé à la tête, D. Mbengue serait parvenu à s'enfuir. Un passant, alerté par ses appels à l'aide, lui aurait porté secours avant son évacuation vers l'hôpital Philippe Maguilène Senghor.
La victime a ensuite été transférée successivement à l'hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, puis à l'hôpital Fann, où un scanner aurait été réalisé.
Deux femmes entendues par les enquêteurs
Une plainte a été déposée à la brigade territoriale de la Foire. Au cours de l'enquête, R. Seck aurait reconnu avoir adressé des insultes au plaignant par messages vocaux et avoir partagé son numéro dans un groupe WhatsApp de moustarchidines.
Elle aurait exprimé des regrets et sollicité la clémence.
A. Diène, de son côté, reconnaît avoir contacté D. Mbengue et lui avoir donné rendez-vous à la plage. Elle affirme toutefois que sa démarche visait uniquement à prendre une commande de gâteaux et nie avoir participé à un quelconque guet-apens.
Les enquêteurs auraient cependant recueilli des témoignages affirmant qu'elle se trouvait sur les lieux au moment de l'agression, aux côtés des six hommes encagoulés.
Deux femmes déférées, six suspects recherchés
À l'issue de l'enquête, R. Seck et A. Diène ont été déférées au parquet de Dakar.
Elles sont poursuivies, selon les éléments rapportés du dossier, pour des faits comprenant notamment des coups et blessures volontaires ayant entraîné une ITT de 15 jours, injures publiques et mise en danger de la vie d'autrui.
Ces poursuites font suite à l'agression présumée de D. Mbengue, dans un contexte de tensions liées à la diffusion de la vidéo de Capitaine Sy.
Quant aux six hommes soupçonnés d'avoir participé directement aux violences, ils sont activement recherchés par la gendarmerie nationale.
Les accusations devront désormais être examinées par la justice, les personnes mises en cause bénéficiant de la présomption d'innocence jusqu'à une éventuelle décision définitive.
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