En allant festoyer aux Fêtes d'Agen avec ses amis, samedi 29 août, Louis (*) ne pensait pas que sa nuit se finirait à l'hôpital. Sur le chemin du retour, au quartier du Pin, le trentenaire a été pris à partie par...
TÉMOIGNAGE.
"Ils m'ont défiguré, je ne peux pas aller plus bas" : alors qu'il rentre des Fêtes d'Agen, un trentenaire se fait rouer de coups "gratuitement" par une bande de trois jeunesEn allant festoyer aux Fêtes d'Agen avec ses amis, samedi 29 août, Louis ne pensait pas que sa nuit se finirait à l'hôpital. Sur le chemin du retour, au quartier du Pin, le trentenaire a été pris à partie par trois jeunes, sans aucun motif apparent.
Le trio l'a lynché, le laissant au sol avec le visage ensanglanté. Aujourd'hui, le Lot-et-Garonnais refuse de vivre dans la peur, mais espère que ses agresseurs seront retrouvés par les enquêteurs. Louis renvoie l'image d'un homme calme et posé. Lui-même se définit comme tel.
Mais ce mardi 8 septembre, à l'autre bout du fil, une pointe d'amertume affleure au fil des mots. Une pointe ? Un peu plus que cela. Car dix jours plus tôt, sa soirée virait au cauchemar.
"On doit montrer qu'il n'est pas foutu" : ces deux jeunes refusent de voir mourir le quartier de leur enfance, ils lancent leurs vidéos sur les réseaux sociaux pour lui venir en aide Samedi 29 août. L'édition 2026 des Fêtes d'Agen touche à sa fin. Louane quitte la scène de la place du Docteur Esquirol sous les acclamations. Louis et ses amis avalent une dernière gorgée.
Signe qu'il est temps de rentrer. Le trentenaire s'engage seul sur le chemin du retour. Cap vers son domicile situé au quartier du Pin. Après un petit kilomètre de marche, il n'est plus très loin de la maison.
Seulement, tout ne se passe pas comme prévu. À quelques pas du Crédit agricole, sur l'avenue Jean-Jaurès, une bande de trois jeunes surgit. Pour Louis, difficile de reconstituer la chronologie exacte. Tout s'enchaîne très vite.
Il se fait pousser, puis frapper au visage. S'ensuit un véritable lynchage. Le tout sans la moindre interaction. Incapable de riposter, le Lot-et-Garonnais gît au sol, le visage ensanglanté.
"Plus les gens déserteront le quartier, plus ce sera un endroit où les problèmes s'installeront" : un collectif organise une fête pour tenter de changer l'image du Pin à Agen La raison de ce passage à tabac ? Nul ne sait vraiment. Seul souvenir :"Ils avaient l'air de s'en amuser", se remémore la victime. Un passant lui vient en aide.
Il alerte les secours. L'Agenais de 36 ans passe la nuit à l'hôpital. Bilan : une dent cassée, la lèvre sectionnée de l'intérieur à l'extérieur, et une plaie conséquente au-dessus de l'œil. Malgré tout, le médecin n'observe qu'un seul jour d'incapacité totale de travail .
Dix jours après, Louis porte toujours des stigmates notables de cet acharnement.
"J'ai des difficultés à boire et à manger, déplore-t-il. Je ne peux plus mettre de chaussures pour l'instant. J'ai un orteil luxé. La plupart des coups vont me coûter cher.
" Il a beau rejouer la scène en boucle, triturer ses souvenirs... Impossible de trouver un sens à l'agression.
"Ce sont des gens qui avaient l'air lambda, expose-t-il. Ils n'avaient pas le profil pour faire ça. D'ailleurs, ils ne m'ont rien volé. C'était juste gratuit.
Je me dis que si j'avais été une femme, ç'aurait pu être encore pire...
" TÉMOIGNAGE. "Je ne suis pas la seule à faire ça" : la gérante du bar de La Victoire, au quartier du Pin à Agen, désespérée après la fermeture administrative provisoire pour détention et vente illicites de tabac Agenais depuis 35 ans, l'agressé regrette le"déclin" de son cher quartier du Pin. "J'ai connu l'époque où il y avait des boutiques sur le Boul', où c'était vivant, raconte-t-il. Mais aujourd'hui, c'est en train de devenir une poubelle à ciel ouvert.
On devient un quartier de faits divers. C'est inquiétant de se dire qu'il y a des prédateurs comme ça qui traînent.
"Dès sa sortie de l'hôpital, dimanche 30 août après-midi, Louis a déposé une plainte au commissariat. Il espère que les malfaiteurs seront retrouvés par les forces de l'ordre. En attendant, pour autant, le trentenaire refuse de se nicher dans la terreur. Bien au contraire.
"Je ne vis pas dans la peur, assure-t-il. Je suis surtout très en colère. Ils m'ont défiguré, je ne peux pas aller plus bas. "Pour accéder de nouveau à cet article
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