Six enseignants en fonction au GTTC de Wum ont été kidnappés ce lundi par des combattants séparatistes armés. L'attaque a coûté la vie au commissaire Mbah Tobie, tué par balles alors que le cortège préfectoral se dirigeait vers l'établissement, tombé dans une embuscade tendue sur l'axe menant à l'école.
Une attaque coordonnée en pleine journée
Les faits se sont déroulés à Wum, chef-lieu du département de la Menchum, dans la région du Nord-Ouest. Selon les informations recueillies, les hommes armés ont frappé sur deux fronts simultanément. D'un côté, l'enlèvement des six enseignants du Government Technical Teacher's Training College. De l'autre, une embuscade tendue contre le cortège du préfet en route vers le même établissement.
Le bilan humain est lourd. Le commissaire Mbah Tobie a perdu la vie dans les tirs échangés lors de cette embuscade. On ne sait pas encore dans quel état se trouvent exactement les enseignants enlevés, ni où ils sont retenus à l'heure actuelle.
Le timing ne doit rien au hasard. Une opération de cette nature, visant à la fois un établissement scolaire et une autorité administrative en déplacement, suppose une préparation minutieuse et une connaissance précise des mouvements du préfet ce jour-là.
Difficile de ne pas y voir une escalade supplémentaire dans une région où les établissements scolaires sont redevenus des cibles récurrentes des groupes armés séparatistes depuis le début de la crise anglophone.
Le GTTC, encore une cible
Ça pose question sur la sécurisation réelle des écoles techniques dans le Nord-Ouest, où les enseignants continuent d'exercer malgré les risques. Le GTTC de Wum n'est pas un établissement anonyme. Il forme des centaines d'élèves chaque année dans une zone où la scolarisation reste un enjeu de survie autant qu'un enjeu éducatif.
Les ambazoniens ont fait des enseignants une cible privilégiée depuis plusieurs années, entre menaces, incendies d'écoles et enlèvements ponctuels. Cette fois, l'ampleur de l'opération, six enseignants enlevés d'un coup, marque une différence avec les incidents isolés recensés jusqu'ici dans la Menchum.
La mort du commissaire Mbah Tobie ajoute une dimension supplémentaire à ce dossier. Un officier de police tué en marge d'une mission d'escorte administrative, c'est un signal que les groupes armés n'hésitent plus à s'en prendre directement aux forces de l'ordre accompagnant les autorités civiles sur le terrain.
Les recherches pour localiser les enseignants enlevés se poursuivent dans la zone. Reste à savoir si les autorités parviendront à obtenir leur libération avant que la situation ne s'aggrave davantage.
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