Un trafic international de voitures partait de Gironde

Un trafic international de voitures partait de Gironde
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Category: Politics
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Dix-huit prévenus comparaissent depuis ce lundi 7 septembre devant le tribunal correctionnel de Bordeaux dans le cadre d'un vaste trafic de voitures démantelé par les gendarmes en 2024 Au printemps 2023, les gendarmes de la brigade de recherches de Libourne, en Gironde, s'inquiètent de la recrudescence de home-jacking et pistent un trio de malfaiteurs qui tient un garage automobile dans la région et semble être à l'origine de nombreux vols de véhicules, notamment sur le bassin d'Arcachon. La plupart sont des voitures haut de gamme : Lexus, BMW, Audi, Toyota. Toutes sont dérobées selon un mode opératoire dit du « mouse jacking », une technique de vol sans effraction qui demande de savoir maîtriser un logiciel pour ouvrir les portières, démarrer et ensuite reprogrammer une clé. Le trio est en relation « d'affaires » avec un petit garagiste de Lormont, dans la banlieue de Bordeaux, chargé d'écouler les véhicules maquillés de fausses plaques minéralogiques et dont les numéros de série ont été refrappés au laser. Au total, une cinquantaine de voitures ont ainsi pris la direction de la région parisienne où ils étaient entreposés dans un dépôt avant d'être vendues en Belgique, Allemagne et dans les pays de l'Est, jusqu'en Ukraine. L'équipe de malfaiteurs s'est rencontrée derrière les barreaux. À sa sortie de prison, en août 2023, le petit garagiste lormontais est criblé de dettes envers des mafieux des Vors, une organisation criminelle issue de l'ex-espace soviétique. Il doit rembourser 230 000 euros après avoir servi d'intermédiaire dans des opérations de blanchiment. Pour rembourser ses créanciers qui lui mettent la pression, il accepte donc de se lancer dans le vol et le trafic de voitures. L'affaire prend de l'ampleur et est confiée, en décembre 2023, au parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux qui ouvre une information judiciaire pour recel en bande organisée de vols en bande organisée, association de malfaiteurs et escroqueries. Les gendarmes de la Section de recherches (SR) réalisent un travail de fourmi pour identifier les voleurs qui vont travailler au sein de plusieurs filières où chacun a un rôle bien défini. Filatures de jour comme de nuit, écoutes téléphoniques, les investigations ont demandé un gros investissement avant que la nasse se referme sur l'ensemble des protagonistes au printemps 2024. Du numéraire, du matériel informatique, des plaques d'immatriculation, de fausses cartes grises ont été saisis lors des perquisitions. Depuis ce lundi 7 septembre, les mis en examen, dont six sont toujours en détention provisoire, comparaissent devant la première chambre (Jirs) du tribunal judiciaire de Bordeaux. Le garagiste de Lormont, au casier chargé de 13 condamnations, est le premier à passer sous le feu des questions de la présidente d'audience Catherine Bonnici, qui décortique avec minutie le volumineux dossier. « Quand vous ne volez pas, c'est vous qui donnez des instructions », observe la magistrate. « J'assume mes responsabilités, je n'avais pas d'autre solution. J'ai tout fait pour rembourser ma dette », répond le prévenu que l'on qualifie de « marionnette ». « Aujourd'hui, j'ai la volonté de tourner la page. » Le procès se poursuit jusqu'à la fin de la semaine.

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