Le BAPS, un mouvement hindou conservateur et nationaliste

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Category: Politics
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Le mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), à l'origine de la polémique ayant entraîné la fermeture de la Tour Eiffel, est un mouvement spirituel hindou proche du parti au pouvoir en Inde, mais critiqué par une partie de la diaspora. Les employés du célèbre monument parisien se sont mis en grève lundi, dénonçant des "consignes" ayant conduit à écarter le personnel féminin lors d'une visite des membres de ce groupe religieux deux jours plus tôt. Le BAPS a formulé des excuses, tout en affirmant qu'"à (sa) connaissance, à aucun moment l'accès à la tour Eiffel n'a été refusé à qui que ce soit". Fondée en 1907 dans l'Etat indien du Gujarat (ouest), cette organisation s'inscrit dans le mouvement plus large Swaminarayan, considéré par ses fidèles comme une manifestation divine, et revendique plus d'un million de fidèles. Le BAPS met l'accent sur la dévotion, la pureté morale et le service désintéressé, imposant à ses membres de strictes règles de vie comme le végétarisme et l'abstention d'alcool, de tabac et de drogues. "Fondé sur les piliers d'une spiritualité concrète, le BAPS œuvre à grande échelle pour répondre aux défis et aux enjeux spirituels, moraux et sociaux auxquels notre monde est confronté", indique l'organisation sur son site internet. L'organisation est connue pour la construction de temples hindous monumentaux (mandirs), véritables chefs-d'œuvre d'architecture traditionnelle. Elle revendique aujourd'hui un réseau de moines, de bénévoles et de plus de 1.300 mandirs à travers le monde. Elle a consacré dimanche un temple à Bussy-Saint-Georges, à 30 kilomètres à l'est de la capitale, présenté comme "un emblème de la culture indienne et de l'hindouisme". Ces dernières décennies, le mouvement s'est notamment développé en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, en particulier au sein de la diaspora gujaratie. Le Premier ministre indien Narendra Modi, originaire du Gujarat et ancien ministre en chef de cet État avant d'occuper ses fonctions actuelles, promeut régulièrement les actions sociales et caritatives du BAPS, notamment dans l'éducation et la santé. Il a également inauguré en personne certains temples construits par l'organisation. Les dirigeants du BAPS sont par ailleurs connus pour leurs relations étroites avec des figures de premier plan du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti au pouvoir, et sa matrice idéologique ultranationaliste, l'Association nationale des volontaires (RSS). Ses visées sont cependant contestées par une partie de la diaspora indienne. "Bien que le BAPS se présente comme une organisation religieuse, culturelle et caritative, il entretient des liens étroits avec des organisations hindou-nationalistes et d'extrême droite en Inde et à l'étranger", souligne ainsi l'association Indian Alliance Paris. "Le BAPS ne représente pas l'hindouisme", ajoute-t-elle, en déplorant que "cette secte ait été accueillie en France avec un tapis rouge". Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, le parti de Modi est accusé par ses adversaires de vouloir "hindouiser" le pays. L'Inde a été récemment critiquée par l'organe de l'ONU chargé de lutter contre les discriminations, qui lui demande de s'attaquer aux crimes de haine envers les musulmans de langue bengalie. Auteur de "L'Inde de Modi", le politologue Christophe Jaffrelot estime que "le BAPS contrevient aux valeurs de la République française: leur marque de fabrique, c'est leur conservatisme social et culturel, porté à la perpétuation du système des castes et exclusif vis-à-vis des femmes que les prêtres n'ont pas le droit de côtoyer". "Lorsqu'en Grande-Bretagne, on a cherché à disqualifier la caste comme un facteur de discrimination, le BAPS et le mouvement nationaliste hindou se sont mobilisés ensemble (...). Ils propagent la même idée d'une supériorité de l'hindouisme sur les autres civilisations", souligne également le chercheur au CERI-Science Po/CNRS. Le mouvement a aussi fait parler de lui outre-Atlantique. En mai 2021, des travailleurs indiens ont déposé une plainte collective, disant avoir été victimes de travaux forcés aux États-Unis pour bâtir de grands temples, en échange de salaires de misère. Le BAPS n'a finalement pas été poursuivi. burx-cl/sva/thm

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