Le domaine de chevetogne, victime d'un sous-investissement? ©ÉdAP
"Sur les études annoncées, assez d'atermoiements. Vous relancez un marché pour une grande étude censée nous montrer la voie, faute d'offres convaincantes l'an dernier. Pourtant, deux études sérieuses existent déjà", rappelle Thomas Nagant. Le conseiller fait notamment référence au schéma directeur "En-Naturons-nous vers 2040 !" lancé par l'actuelle direction. "Ces études, vous et vos prédécesseurs les ont écartées, parfois même sans élégance. Pourquoi les ignorer et attendre un énième consultant ?", poursuit-il. Car à ses yeux, le Domaine attend des travaux d'entretiens urgents. "Le ponton qui s'effondre, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Du rafistolage. La zone humide s'envase, l'hôtel/restaurant Les Rhodos est fermé (depuis le 11 novembre 2025) et sans repreneur, un bassin de la piscine semble avoir été fermé une partie de la saison, tandis que certaines plaines de jeu sont en piteux état. Les avis du public, longtemps élogieux, se font sévères : expérience décevante, prix dissuasifs, infrastructures désuètes… Il semble que le public commence à déserter."
Un parc qui se déserte, vraiment ?
Le conseiller parle également de l'emblématique petit train touristique, à l'arrêt depuis le 11 août. Il attend apparemment que le fournisseur basé au Portugal fasse le nécessaire pour réparer la panne. Un tracteur pourrait remplacer la locomotive le temps du délai. "Je ne jette pas la pierre aux équipes ou à la direction, je sais qu'ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens dont ils disposent et je les en remercie. Dès lors, objectivons : qu'en est-il de la fréquentation de cette saison ? Le cadre est-il rempli ? Les Rhodos vont-ils rouvrir ? Les Robinsonnades, absentes du calendrier cette année, ont-elles fait l'objet d'une décision formelle ?", a aussi questionné Thomas Nagant.
Ce à quoi, la députée en charge du Domaine, Isabelle Joiret (Les Engagés), a répondu : "La fréquentation est supérieure à celle de l'année passée, notamment grâce au bel été que nous avons connu". Les recettes liées aux entrées s'élèvent à 838 123€ pour la période de janvier à août 2026, contre 802 333€ sur la même période en 2025. En ce qui concerne les Robinsonnades, la direction a fait le choix de ne plus l'organiser, "celui-ci attirant progressivement moins de visiteurs au fil des années", justifie le cabinet de la députée. Un nouveau rendez-vous tel que "Même pas peur !" se tiendra d'ailleurs le 17 octobre prochain.
Le futur du Domaine
"Je veux être très claire sur un autre point, poursuit Isabelle Joiret. Chevetogne ne deviendra pas une attraction privée déconnectée de son identité". Mais il y a un "mais". "Avoir beaucoup de visiteurs ne suffit pas, encore faut-il que les recettes permettent de couvrir les coûts de fonctionnement et de renouveler l'espace […] L'exemple des pagodes illustre très clairement la philosophie que nous voulons appliquer. Elles ont été fermées pour des raisons de sécurité, après une dégradation liée à leur situation en zone humide. L'idée n'est donc pas de systématiquement remettre en état pour remettre en état. Nous voulons investir intelligemment. Nous ne voulons pas gérer Chevetogne au coût par coût. Il n'y a pas de désinvestissement comme vous le laissez penser, Monsieur Nagant."
En attendant, le Domaine est en phase d'adaptation de ses tarifs. À titre d'exemple, le collège provincial suggère d'adapter les concessions au terrain de caravanage. Une addition qui semble salée aux yeux de Claude Bultot (PS). "Vous proposez de passer d'un tarif de 1600 € par an à 2152 €. C'est une clientèle fidèle à qui l'on va imposer une charge supplémentaire de plus de 500€, et pour les nouveaux, une indemnité d'entrée de 150€. Pour un nouveau client, c'est donc presque 700€ en plus. Quelle va être la conséquence de ça, sachant qu'on a un taux de remplissage de 90 % et que les gens peuvent mettre fin à leur concession sans préavis ?", demande-t-il. La réponse est simple pour Isabelle Joiret : "On s'est rendu compte qu'on était vraiment très bas dans nos tarifs".
Chaque année, la Province accorde des subsides au domaine. En 2025, la dotation s'élevait à 4,8 millions €, en 2026 à 4,6 millions €. Restera à voir comment Chevetogne continuera de rester attractif, et quand cette grande réflexion sur la face future du Domaine se mettra enfin en marche.
Le domaine de chevetogne, victime d'un sous-investissement? ©ÉdAP
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