Le romancier Kamel Daoud relaxé dans un procès en diffamation

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Category: Politics
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Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé mardi 8 septembre le romancier franco-algérien Kamel Daoud, poursuivi en diffamation par Saâda Arbane, une Algérienne l'accusant d'avoir volé son histoire pour son livre Houris (Gallimard), prix Goncourt 2024. Absent au procès début juin devant le tribunal de Paris, l'écrivain de 56 ans était poursuivi pour avoir affirmé, au détour d'une longue interview publiée début avril 2025 dans Le Figaro, sans mention de Saâda Arbane, qu'« Alger [pouvait] déposer plainte contre Kamel Daoud en France ». Cette Oranaise de 32 ans, rescapée d'un massacre pendant la décennie noire algérienne et ex-patiente de la femme psychiatre de Kamel Daoud, accuse l'auteur d'avoir pillé la tragédie de sa vie pour écrire son livre Houris, ce qu'il conteste. Mme Arbane a engagé des procédures judiciaires en France et en Algérie sur ce sujet, qui sont encore en cours. « La partie civile n'est pas identifiable dans le propos qu'elle poursuit et ne rapporte pas la preuve qu'elle a été identifiée par des tiers, la diffamation n'est pas constituée », a estimé le tribunal correctionnel dans son jugement consulté par l'Agence France-Presse (AFP). Jugeant que « les poursuites étaient manifestement infondées », le tribunal a condamné Saâda Arbane à verser un euro de dommages et intérêts à Kamel Daoud et 1 500 euros au directeur de la publication du Figaro Marc Feuillée en réparation de leur « préjudice moral ». Même si elle n'y est pas désignée nommément, « il ne fait aucun doute que Mme Saâda Arbane est parfaitement identifiable dans les propos tenus par Kamel Daoud » à travers la métonymie « Alger », avait soutenu à l'audience en juin son avocate Colomba Grossi. « Il s'agit d'une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée en la présentant comme un agent d'un régime honni », avait abondé son confrère William Bourdon. De son côté, Kamel Daoud « ressent un harcèlement judiciaire en France et en Algérie, une démultiplication des affaires qui a pour seul objet de l'épuiser, de le réduire au silence, de porter atteinte à ses capacités de travail mais aussi financières », avait déclaré au tribunal son avocate Jacqueline Laffont. Kamel Daoud a annoncé en avril avoir été condamné à trois ans de prison ferme par un tribunal d'Oran pour avoir abordé la guerre civile algérienne dans Houris. Le tribunal a statué, sans que Kamel Daoud soit représenté par un avocat, à la suite d'une plainte déposée par l'Organisation nationale des victimes du terrorisme en Algérie, alors qu'une loi interdit d'évoquer publiquement la décennie noire entre 1992 et 2002.

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