Au début du mois de septembre, plus de 650.000 hectares de forêt étaient partis en fumée en Europe. Et la saison des incendies n'est pas encore terminée. Même s'il ne s'agit pas d'un record, c'est largement supérieur à la moyenne des feux de forêt (environ 320.000 hectares entre 2006 et 2025). Incendies, vagues de chaleur, sécheresse, la facture de l'été 2026 se chiffrera en milliards d'euros, estime déjà l'Agence européenne de l'Environnement. C'est en ligne avec ces dernières années : « Les effets du changement climatique coûtent en moyenne environ 50 milliards d'euros par an à l'Union européenne », indique l'organisme officiel.
Ces coûts ne cessent d'augmenter. Entre 1980 et 2024, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes – plus fréquents et plus intenses en raison du changement climatique – ont coûté à l'UE un total estimé à 822 milliards d'euros. Mais un quart de cette somme, soit 208 milliards d'euros, a été enregistré au cours des quatre dernières années seulement. « Les pertes ont augmenté de 3,4 % par an, et cette hausse s'accélère au lieu de se stabiliser », confirme l'AEE. Les pertes annuelles moyennes sont ainsi passées d'environ 8,6 milliards d'euros dans les années 1980 à quelque 50 milliards d'euros sur la période 2020-2024.
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Et encore, disent les experts européens, ces chiffres ne rendent pas compte des effets indirects des événements : pertes de productivité, perturbations des chaînes d'approvisionnement ou pression supplémentaire sur les services de santé lors d'une vague de chaleur.
Cette évolution pèse lourdement sur le système assurantiel, mais aussi sur les budgets nationaux. « Moins de 20 % de l'ensemble des pertes enregistrées en Europe sont couverts par des assurances privées, et l'écart est beaucoup plus important pour certains types d'aléas que pour d'autres », rappelle en effet l'Agence. « Les tempêtes sont assurées à plus de 35 %, tandis que les sécheresses, les vagues de chaleur et les incendies de forêt ne le sont qu'à hauteur d'environ 10 %. » Le reste est, partiellement, pris en charge par la collectivité.
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L'avenir ? Si le réchauffement global atteint 2°C, l'Union européenne et le Royaume-Uni pourraient subir des pertes annuelles d'environ 83 milliards d'euros. A 3°C, leur coût grimperait à « au moins 175 milliards d'euros par an » et affecterait particulièrement l'Europe du Sud.
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