Festival international des danses Bosangani : la 6e édition met en avant les richesses et les valeurs de la RDC

Festival international des danses Bosangani : la 6e édition met en avant les richesses et les valeurs de la RDC
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Category: Entertainment
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La sixième édition du Festival international des danses Bosangani s'est ouverte ce lundi 07 septembre à Kinshasa et se poursuivra jusqu'au 14 septembre. Initié par l'artiste congolaise Jolie Ngemi, danseuse et chorégraphe installée en Suisse, ce rendez-vous culturel est placé cette année sous le thème « Nos richesses et nos valeurs ». L'ouverture officielle du festival, couplée à une conférence de presse, s'est tenue à l'ambassade de Suisse à Kinshasa. À cette occasion, Jolie Ngemi a expliqué le choix de cette thématique, qui vise notamment à mettre en lumière les richesses naturelles, culturelles et artistiques de la République démocratique du Congo. Pour la chorégraphe, le festival constitue une occasion de changer le regard porté sur le pays et de valoriser davantage les talents congolais. Elle estime que les difficultés économiques ne doivent pas occulter les nombreuses richesses dont dispose la RDC, notamment dans le domaine artistique. « Je sais qu'on a plein de richesses ici au Congo, nos ressources minières, c'est incroyable. Au-delà de ça, puisque je suis artiste, dans toutes les rues de Kinshasa, on trouve des artistes, peintres et autres danseurs, des musiciens, les arts sont partout », a-t-elle expliqué. Jolie Ngemi dit également vouloir contribuer à déconstruire le sentiment d'infériorité qui peut s'installer chez certains jeunes, notamment à Kinshasa, dans un contexte marqué par la pauvreté et les difficultés sociales. « C'était pour moi très important de les valoriser parce qu'avec la pauvreté, bien sûr, à Kinshasa, il s'est fait qu'il y a aussi un complexe d'infériorité qui s'est installé. C'est pour ça que je me disais : on parle de nos richesses, on les valorise et puis on se met en avant, on dit qu'on est là, on est riches, on est bien, au-delà de nous dire qu'on est pauvres », a-t-elle poursuivi. La sixième édition de Bosangani entend ainsi associer la promotion de la danse à la réflexion sur les potentialités du pays. Au programme figurent notamment des masterclass et des ateliers à l'École belge, des battles de danse hip-hop au Décathlon, des concerts, des spectacles et des performances en plein air. Des conférences en ligne réunissant des chorégraphes internationaux sont également prévues. Pour Jolie Ngemi, ces activités doivent permettre aux artistes de renforcer leurs compétences, au-delà de la simple présentation de leurs œuvres. Elle insiste notamment sur l'importance de la formation et du professionnalisme dans le secteur culturel. « Cette année, comme d'habitude, c'est prévu qu'on puisse avoir des masterclass parce que c'est très important. Au-delà de l'art qu'on a, de valoriser aussi le professionnalisme, l'apprentissage. On ne finit pas d'apprendre », a-t-elle indiqué. Des artistes étrangers absents faute de moyens Cette édition connaîtra par ailleurs une participation internationale plus limitée, notamment du côté suisse. Jolie Ngemi a expliqué que l'absence d'artistes suisses est liée aux moyens financiers nécessaires pour assurer leur déplacement et leur participation au festival. « Il n'y a pas eu d'artistes suisses cette année parce qu'il n'y a pas d'aide de la Suisse. Pas de la Suisse d'ici, de l'ambassade, parce qu'ils n'ont pas assez de financement. Comme on avait fait la dernière fois, je n'ai pas ces possibilités », a-t-elle expliqué. L'artiste dit poursuivre ses recherches de financements afin de permettre, à l'avenir, une participation plus importante d'artistes venus de l'étranger. Dans ce contexte, Jolie Ngemi plaide également pour un accompagnement accru des autorités congolaises, particulièrement du ministère de la Culture, en faveur des initiatives artistiques indépendantes. « En rapport avec ce festival, ce que je demande, c'est que nos autorités puissent soutenir l'art. Au-delà de tout, on n'est pas soutenu du tout, que ce soit au ministère de la Culture. on n'est pas soutenu du tout que ce soit au ministère de la culture. J'ai été dans plusieurs endroits parce que je suis venue moi-même j'y suis arrivée un mois avant on a donné les documents rien n'a été, on n'a pas de réponse on nous renvoie de gauche à droite mais il n'y a pas de réponses», a-t-elle déploré. Elle estime que le soutien institutionnel devrait bénéficier à l'ensemble des disciplines artistiques et pas uniquement à la musique. « Il faut savoir déjà que l'art ici, il n'y a que l'art populaire. (…) Moi qui soutiens cette jeune génération, ces artistes qui pourraient être aussi des artistes de rue ou d'autres se perdre dans d'autres substances illicites, les gens ne veulent pas soutenir ces artistes-là. Il y a des artistes peintres, des artistes sculpteurs, chanteurs, comédiens, danseurs. Il n'y a pas que des musiciens au Congo », a-t-elle souligné. La Suisse maintient son engagement culturel Présente lors de cette rencontre, Samira Cizero, cheffe de mission adjointe de l'ambassade de Suisse en RDC et au Gabon, a tenu à préciser que l'absence d'artistes suisses au programme de cette édition ne signifie pas un désengagement de la Suisse dans le domaine culturel. Elle a notamment évoqué les contraintes budgétaires auxquelles sont confrontées les institutions, tout en soulignant que la coopération culturelle entre la Suisse et la RDC demeure active. « La Suisse reste engagée dans le domaine culturel. Les restrictions budgétaires nous concernent tous, mais c'est vrai qu'actuellement, dans le domaine de la culture ici en RDC, on n'a pas encore été frappé », a-t-elle expliqué. Samira Cizero a par ailleurs mis en avant le rôle de Jolie Ngemi, présentée comme un trait d'union entre les deux pays. Selon elle, son parcours illustre également l'évolution de la Suisse contemporaine et la diversité de ses liens avec la RDC. « Le lien avec la Suisse est toujours là parce que nous avons Jolie qui est elle-même danseuse suisso-congolaise. (…) Elle illustre aussi parfaitement la Suisse d'aujourd'hui. À travers des ponts comme le pont que jette Jolie chaque année entre la Suisse et la RDC, on continue à être actifs dans le domaine de la culture », a-t-elle ajouté. Plusieurs sites retenus à Kinshasa Les activités de cette sixième édition se dérouleront jusqu'au 14 septembre dans plusieurs espaces culturels et lieux de la capitale. Le théâtre du Zoo, aménagé pour l'occasion, accueillera certaines activités, tout comme l'Espace culturel VIK de Christian Mualu, situé sur l'avenue Mont-des-Arts. Le terrain Comet, à Lingwala, ainsi que Picasso Beach figurent également parmi les sites retenus. D'autres prestations sont prévues en plein air afin de rapprocher davantage les activités du public.

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