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Septembre À

À tous ceux qui regardent sans parler

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Alors pourquoi ne rien faire? Parce que «ce n'est pas notre problème»? Parce que c'est trop loin pour être vrai? Non. En 2024, au moins 48 384 individus, majoritairement des civils, ont été tués dans des conflits armés. C'est environ un civil toutes les douze minutes*. Douze minutes. (Agence France-Presse) Nous, spectateurs sages, spectateurs silencieux, spectateurs saturés d'images, mais vidés de courage. Nous qui voyons, nous qui savons, nous qui regardons, soupirons, baissons la tête, passons. Le monde brûle sous nos yeux et nous applaudissons en silence. Sans mots, sans paroles, sans cris, sans empathie, sans oser se lever et hurler assez. Assez de détourner le regard. Assez d'éteindre pour oublier. Assez de se régaler de la douleur des autres comme si c'était un spectacle de fiction! Parce que pendant qu'on regarde les yeux baissés, quelqu'un tombe. Quelqu'un crie. Quelqu'un attend. Mais attendre quoi? Qu'un autre parle? Qu'un autre dénonce? Qu'un autre meurt étouffé de notre silence? Puis, on se rassure comme on peut… On se dit: «ce sont les gouvernements… ce sont les dirigeants… ce sont les puissants». Alors on pointe du doigt. On accuse. On déculpabilise. Parce que la vérité fait trop peur, trop mal. La vérité c'est que le sort du monde ne repose pas sur quelques personnes influentes. Il repose sur chacun d'entre nous. Nous avons tous une part de responsabilité dans le sort de l'humanité. Alors pourquoi ne rien faire? Parce que «ce n'est pas notre problème»? Parce que c'est trop loin pour être vrai? Non. En 2024, au moins 48 384 individus, majoritairement des civils, ont été tués dans des conflits armés. C'est environ un civil toutes les douze minutes*. Douze minutes. Le temps de faire défiler quelques vidéos. Le temps de changer de poste. Le temps de rire, de s'amuser, de profiter. Le temps d'oublier. D'oublier que chaque silence détruit une vie humaine. Donc, le silence, c'est facile, c'est confortable, c'est propre, ça ne dérange personne. Mais ça coûte. Ça coûte des voix. Ça coûte des chances. Ça coûte des vies. Et pourtant, on continue comme si de rien n'était. Comme si les atrocités du monde pouvaient attendre qu'on décide enfin de se lever. Peut-être que le vrai problème n'est pas seulement le silence ni même l'indifférence. Peut-être que c'est cette voix, là, dans nos têtes qui nous répète sans cesse: «À quoi bon? À quoi bon essayer? À quoi bon parler? À quoi bon dénoncer quand tout semble perdu?» Mais cette voix, elle nous ment. Parce que le monde ne s'effondre pas seulement à cause de ceux qui font le mal. Il s'effondre aussi, petit par petit, chaque fois que quelqu'un choisit de ne rien faire. Peut-être que nos voix semblent insignifiantes face au vacarme du monde. Peut-être que nos gestes semblent minuscules face à l'ampleur du désastre. Mais l'histoire n'a jamais été écrite par le silence. Elle a toujours commencé par une voix qui a refusé de se taire. Parce qu'au fond, quelqu'un, quelque part, crie peut-être à l'aide… et la seule chose qui lui répond, c'est notre silence. Élizabeth Deschênes Étudiante en Sciences, lettres et arts, Collège Laflèche *FLECK, Anna. «Civilian Deaths in Conflict Surged by 40% Globally in 2024», Statista, 4 décembre 2025, https://www.statista.com/chart/35559/documented-conflict-related-deaths-of-civilians/?srsltid=AfmBOop7JXRU-GZJXalcg8QrbtD8dmq8ov7KjDvVcjE5WK1HOelR8mXf
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