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Y a-t-il un candidat pour être président de la République ?

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Certes, il y a déjà foule à battre les estrades et à se presser à la télévision en vue des élections présidentielles du printemps 2027. Mais aucun candidat ne semble avoir lu la constitution et compris quelles sont les fonctions et pouvoirs que celle-ci attribue au président de la République. Les annonces distillées au fil des interviews et meetings – salaires des enseignants, impôts, retraite, étrangers, environnement, sécurité, organisation régionale, etc. – relèvent toutes de la compétence exclusive du gouvernement et du parlement. Les candidats font donc comme s'ils étaient assurés d'avoir une majorité de députés, après dissolution de l'Assemblée nationale, et un gouvernement pour mettre en œuvre leurs propositions, en persévérant ainsi dans un hyper-présidentialisme contraire à l'esprit et à la lettre de la constitution, et qui n'a guère permis les changements dont la France a besoin. Les Français, qui sont en colère contre une classe dirigeante qui a mené le pays dans des impasses, risquent de faire des choix irréfléchis pour sanctionner des échecs, plutôt que pour tracer une voie d'avenir. Avec quelle majorité au Parlement? Aucun candidat connu n'aura une majorité parlementaire à sa couleur, surtout dans les deux assemblées. Tout au plus peut-on esquisser d'hypothétiques coalitions à gauche et au centre, qui supposeront marchandages et compromis. Doit-on conclure que personne ne se sent avoir l'étoffe pour assumer les véritables fonctions du président de la République ? «Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. » (art. 5). Il « est le chef des armées. Il préside les conseils et comités supérieurs de la Défense nationale. » (art. 15) Il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement. Rien de tout cela n'est secondaire. Admettons que ce ne sont pas des sujets qui parlent beaucoup à nos concitoyens et sur lesquels on peut faire des promesses attrayantes. Il est cependant inadmissible que ce soit passé sous silence, car les électeurs devraient prioritairement juger les candidats sur leur aptitude à remplir ces fonctions-là. L'histoire montre aussi que les grands présidents ont été élus sur leur personnalité autant que sur leur programme. Parmi tant de sujets capitaux – défense, relations internationales, souveraineté énergétique… – arrêtons-nous sur celui des finances publiques dont dépendent toutes les politiques. Une priorité absolue : la dette, la dette, la dette ! La situation financière de la France est gravement dégradée, avec des perspectives alarmantes, malgré des alertes qui ont retenti depuis longtemps. Les dépenses publiques représentent 57% du PIB1, tandis qu'impôts et cotisations sociales prennent 45% du PIB, faisant de notre pays l'un des plus collectivisés de la planète. Si le volume de la dette publique, 3600 Md€, est en soi effrayant, bien que d'autres Etats affichent des montants supérieurs (Japon, Etats Unis; Italie et Grèce, en valeur relative) c'est sa croissance continue, rapide et non maîtrisée qui est inquiétante, car le remboursement du capital et le poids des intérêts suscitent de graves risques. La dette publique ne sera remboursée par aucun grand Etat. Cela supposerait une croissance économique générant de gros excédents budgétaires sur une longue période. Les annuités qui arrivent à échéance sont donc payées avec de nouveaux emprunts, ce qui alimente un endettement permanent et grandissant. Ces refinancements posent deux problèmes majeurs. D'une part, ils comportent un risque diabolique sur les taux d'intérêts : dès que ceux-ci dépassent ceux des emprunts échus, le coût de la dette s'en trouve mécaniquement accru. Ce phénomène, largement prévisible, est désormais bien enclenché. En effet, arrivent à terme des obligations d'Etat émises à des taux d'intérêt extrêmement bas (de 2014 à 2022 ils avoisinaient 0%) alors qu'ils ont partout progressé et que, du fait de la défiance des investisseurs vis-à-vis de l'Etat français, s'ajoute une prime de risque qui les renchérit encore, les portant à plus de 4% pour les nouvelles émissions, faisant exploser la charge de la dette qui devient le premier poste de dépenses de l'Etat. Au remboursement des emprunts s'ajoute le besoin de financer le déficit budgétaire annuel. La loi de finances pour 2026 prévoit 170 Md€ de remboursements et 135 Md€ correspondant au déficit budgétaire, soit un total de 305 Md€. Astronomique ! Ajoutons-y les emprunts pour couvrir le déficit de la sécurité sociale (autour de 20 Md€) et ceux des autres administrations publiques (communes régions, …). Toute progression des taux sur de pareilles sommes génère de lourdes dépenses à payer sur le budget, c'est-à-dire avec des impôts ou en baissant d'autres dépenses, enseignement, police, défense… Le tableau s'assombrit encore du fait de la dépréciation des titres détenus par les organismes acquéreurs. Des obligations libellées à 1% ne pourront plus se revendre sur les marchés à leur valeur faciale quand les nouvelles émissions rapportent 4%. Il faudra donc les brader à des prix très en dessous et inscrire la différence en pertes dans le bilan, en provisionnant ce qui s'y trouve encore. Effets domino ! Point n'est besoin d'être grand économiste pour voir l'absurdité d'une politique qui consiste à emprunter massivement pour devoir ensuite augmenter les impôts ou réduire des services publics pour payer les intérêts. C'est d'autant plus absurde que l'essentiel du déficit, environ 100Md€, provient de dépenses de fonctionnement et de transferts. On s'endette à perpétuité pour des dépenses annuelles courantes ! Le second problème des émissions d'emprunt, directement lié au précédent, est le besoin de trouver, tous les quinze jours, des investisseurs prêts à acheter par milliards des titres de l'Etat français. Entre 55% et 60% des obligations sont acquises par des établissements étrangers: fonds de pension, compagnies d'assurances, banques, banques centrales, autres. Cette dépendance aux prêteurs étrangers limite considérablement notre liberté de décision, y compris sur des enjeux stratégiques. L'appétit pour les titres français est aujourd'hui soumis à de fortes pressions contraires. Des phénomènes géopolitiques de grande ampleur – guerres, prix de l'énergie, montée des taux au Japon, déficits américains, catastrophes naturelles qui vident les trésoreries des compagnies d'assurance – réduisent les disponibilités ou conduisent les investisseurs vers d'autres emplois de leurs fonds. Si on ne craint pas la disparition de la demande étrangère, sa contraction quasi certaine entrainera une moindre concurrence, qui poussera les taux à la hausse. On attend les candidats inventifs et courageux Seules des politiques volontaristes, forcément douloureuses, pourront faire baisser significativement le déficit budgétaire et donc notre besoin d'emprunter. Ces sujets ont été mis sur la table lors du débat organisé par le MEDEF avec les sept principaux candidats. S'ils ont tous admis qu'il faut réduire le déficit budgétaire et freiner l'endettement, ils n'ont guère présenté des mesures concrètes et réalistes. Sur l'âge de la retraite, des milliards sont en jeu et l'on reste dans un coûteux déni de réalité, loin des autres Etats. Effacer la dette s'appelle faillite ou banqueroute, ce qui stopperait immédiatement le financement de l'Etat et de la sécurité sociale. On reste pantois en lisant qu'un parti veut inscrire une «règle d'or » dans la constitution limitant le déficit à 3% du PIB, alors que ce chiffre figure dans le traité de Maastricht depuis 1992, où il est l'indicateur d'alerte d'un déficit excessif ! Bref, rien de sérieux et de réaliste, alors que toutes les solutions demanderont des sacrifices et soulèveront des résistances, notamment parce qu'il faudra toucher au secteur social qui représente plus de 45 % des dépenses publiques. Cela exigerait qu'elles soient validées par le suffrage universel. On attend les candidats inventifs et courageux. Il n'existe que deux voies : augmenter les impôts ou freiner les dépenses. La classe politique a toujours choisi la hausse des impôts … et de la dette, tandis que la société française réclame toujours plus de dépenses. Les économistes, et l'expérience, ont démontré que les hausses d'impôts comportent plus d'effets négatifs que les économies de dépenses. Au niveau où ils sont aujourd'hui, il n'y a plus de bons impôts. « Faire payer les riches » est un slogan aussi simpliste que fallacieux. Décourager l'esprit d'entreprise, punir la réussite de nos investisseurs, chercheurs et ingénieurs et réduire les capacités d'investissement ne redressera pas l'économie et ne créera pas d'emplois. Or, le seul moyen, le seul, pour réduire naturellement les déficits et donc l'endettement est de retrouver de la croissance économique qui apportera des recettes fiscales et fera reculer les dépenses sociales. Ceci devrait être le socle d'un programme présidentiel, qui déterminera le reste. Les Français veulent une rupture. On leur promet une « révolution » qui reprend les recettes du passé, en les poussant au bout de leurs logiques. Réfléchissons : qui peut encore croire que travailler moins et payer plus d'impôts, dans un système économique et social toujours plus collectivisé, mènera vers des lendemains radieux ? Robert Hertzog (1) Produit intérieur brut : valeur de tous les biens et services produits dans le pays durant l'année.
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