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Christine Fréchette et le dossier de l'itinérance: de l'improvisation à ciel ouvert

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La première ministre du Québec, Chrstine Fréchette, était de passage à Trois-Rivières mercredi. Elle a entre autres visité la Halte Douceur au centre-ville de Trois-Rivières. (Stéphane Lessard/Le Nouvelliste) Mercredi dernier, Christine Fréchette était de passage chez nous, à Trois-Rivières. Elle promettait 1000 places de plus dans le volet du Programme de soutien au loyer (PSL) qui aide les personnes en situation d'itinérance à sortir de la rue en leur permettant de se loger et 1 000 places pour le programme PSL-Prévention. Le lendemain, les organismes de la région apprenaient que l'accès au programme était suspendu dans les territoires ayant atteint ou dépassé leurs cibles. Autrement dit, alors que des personnes ont encore besoin d'aide pour accéder à un logement, les organismes ne peuvent plus leur ouvrir de nouveaux PSL parce que la région a dépassé la cible administrative. Devant les réactions suscitées par la médiatisation de cette nouvelle, Santé Québec a d'abord confirmé, vendredi après-midi, que les établissements ayant atteint ou dépassé leurs cibles étaient priés de «suspendre, jusqu'à nouvel ordre, le recrutement de nouveaux usagers au programme». Puis, vendredi soir, Santé Québec affirmait plutôt que «le programme n'est pas suspendu». Christine Fréchette a repris cette ligne le lendemain, assurant qu'un financement additionnel de 2,4 millions de dollars serait bientôt réparti. Deux versions opposées en douze heures, pour le même dossier. Ça sent l'improvisation à plein nez: les organismes ne savent plus sur quel pied danser, et pendant ce temps, sur le terrain, les demandes ne cessent pas. Cette décision a des conséquences directes pour nos organismes, dont le Centre Le Havre, ici à Trois-Rivières. En entrevue, sa directrice générale, Karine Dahan, a expliqué que la cible du PSL pour la région était de 101 places. En date d'aujourd'hui, 216 places ont été attribuées grâce au programme. C'est plus du double de la cible initiale, en raison des besoins sur le terrain. Selon elle, c'est une aberration qu'on coupe l'accès au programme aux personnes en situation d'itinérance, et ce, à quelques semaines de la période hivernale. Je trouve illogique qu'on pénalise nos organismes qui répondent aux besoins sur le terrain et qui obtiennent de bons résultats. On ne peut pas leur fermer la porte du jour au lendemain sous prétexte qu'ils font trop bien leur travail. On se trompe de cible. Comme le dit Madame Dahan: «On ne travaille pas en matière de cible [...] la cible c'est la personne, ce n'est pas un chiffre en bas d'une colonne.» Et des personnes à aider, il y en a encore. Les chiffres du gouvernement montrent que la situation s'est empiré. Dans la nuit du 15 avril 2025, 12 077 personnes ont dormi dehors ou dans un refuge au Québec. C'est 20 % de plus qu'en 2022. Après huit ans de la CAQ au pouvoir, c'est ça, le résultat. Il faut que ça change! Je crois qu'il faut faire les choses autrement et c'est pour ça que je me présente pour vous représenter à l'Assemblée nationale, aux côtés de Charles Milliard et du Parti libéral du Québec. Nous nous engageons à bonifier le Programme de soutien au loyer plutôt que de le geler dès qu'une région réussit trop bien. On veut aussi agir avant que les gens se retrouvent dans la rue. Par exemple, en accompagnant les jeunes qui sortent des centres jeunesse pour éviter qu'ils ne se retrouvent sans logement. Empêcher les évictions qui mènent à la rue. Donner plus d'argent aux organismes qui font un travail remarquable au quotidien, pour qu'ils n'aient pas à se demander chaque année s'ils vont pouvoir garder leurs services ouverts. C'est 60 millions de dollars de plus par année que nous allons investir pour lutter contre l'itinérance. On ne réglera pas ce problème avec une promesse un jour et un courriel qui la contredit le lendemain. On va régler la crise de l'itinérance en travaillant ensemble et en écoutant les gens qui font ce travail tous les jours, qui voient la réalité sur le terrain. Les gens en situation d'itinérance et les organismes qui les accompagnent à Trois-Rivières méritent mieux que ça.
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