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Idées & opinions : L'État est-il armé pour piloter notre identité numérique ? par Sacha Benhamou (Génération Libre)

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Le 12 août 2026, nous apprenions que les services informatiques de la DGFiP venaient d'être compromis et que les données fiscales de près d'un million de Français étaient dans la nature. Cet événement survient quelques mois après qu'une vulnérabilité d'un amateurisme confondant, la modification d'une simple variable dans l'URL, ait exposé les données de 11,7 millions de Français. Ces violations touchent au cœur du régalien, là où l'État exige des citoyens qu'ils lui confient les plus sensibles de leurs données personnelles. Pourtant, après la censure de la loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, modifiée par le Sénat le 31 mars 2026, "bloc central" et gouvernement promettent une nouvelle version pour bientôt. Pour l'appliquer, la piste privilégiée consiste à imposer une vérification d'âge obligatoire via l'application France Identité, adossée à notre carte d'identité électronique. Comment une administration structurellement incapable d'empêcher l'extraction massive de millions de fiches en une seule journée peut-elle prétendre piloter les documents officiels de plus de 50 millions d'internautes ? Pas de réparation pour les usagers lésés Huit ans après l'entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD), la France subit une explosion de cyberattaques. Notre pays s'est classé au premier rang mondial pour la densité de violations rapportée à sa population en 2025. À la Cnil, la moyenne a atteint 24 fuites par jour. France Travail (36,8 millions de personnes touchées), Free (24 millions), Cegedim Santé (jusqu'à 15 millions) : la quasi-totalité de la population adulte a vu ses données compromises. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le RGPD a créé une industrie de la conformité formelle. Nous avons levé des armées de juristes pour cocher des cases, mais rien n'a été mis en place pour inciter à la sécurisation technique des infrastructures. Les organisations sont "conformes sur le papier", alors que leurs systèmes présentent des failles élémentaires, comme l'absence d'authentification multifacteur (MFA). Pire encore, le système actuel oublie les victimes. Lorsque la Cnil inflige 42 millions d'euros d'amende à Free, cet argent va intégralement à l'État. Pour l'abonné dont la vie privée est mise aux enchères sur des marchés clandestins, exposée à l'usurpation d'identité, la réparation est nulle. Obtenir justice reste un parcours du combattant.
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