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Philippe Lawson

Edito. La victoire de l'extrême droite en Allemagne illustre la faillite des partis traditionnels

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Publié le lundi 07 septembre 2026 à 02:44 | Temps de lecture estimé : 2 min. Journaliste – Rédacteur en chef. Ulrich Siegmund (à gauche), principal candidat du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) aux élections régionales de Saxe-Anhalt, s'adresse à ses partisans aux côtés des co-dirigeants de l'AfD, Tino Chrupalla et Alice Weidel (à droite), lors de la soirée électorale du parti à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne, le 6 septembre 2026, après les élections régionales de Saxe-Anhalt. Ronny HARTMANN / AFP La victoire du parti « Alternative pour l'Allemagne » (AfD) aux élections en Saxe-Anhalt (est du pays) a retenti comme un coup de semonce dans le pays de l'ancienne chancelière Angela Merkel, mais aussi dans les démocraties occidentales. Crédité de plus de 44% des voix, loin devant la CDU du chancelier allemand, Friederich Merz, qui chute à 18,4% (37,1% en 2021), le parti d'extrême droite allemand fait mieux que ce que prédisaient les sondages. Si les scores se confirment, l'AfD devrait donc obtenir 39 sièges au parlement régional, échouant de trois petits sièges lui permettant de rafler la majorité absolue et de disposer ainsi des pleins pouvoirs pour former un gouvernement local dans ce land de l'ex-RDA. Le parti nazi, antimigrants, russophile et pro-Trump va devoir donc se trouver au moins un partenaire pour former une majorité dans cet Etat fédéré de l'ex-RDA fort de près de plus de 2,1 millions d'habitants. Il devra donc trouver une partition pour briser le cordon sanitaire mis en place par les partis traditionnels pour tenir la droite radicale à l'écart. Mais le score réalisé dimanche 6 septembre par l'AfD aux élections régionales en Saxe-Anhalt est un exploit sans précédent depuis la réunification officielle de la République démocratique allemande (RDA) et de la République fédérale d'Allemagne (RFA) le 3octobre 1990. La victoire du parti d'extrême droite allemand illustre l'échec des partis démocratiques traditionnels. Elle témoigne du fait que ces partis n'ont pas réussi à proposer une offre politique suffisante qui réponde aux aspirations de leurs populations respectives. La situation économique de Saxe-Anhalt sera l'une des raisons qui sera avancée par les analystes pour expliquer la victoire de l'AfD dans l'un des Länder les plus pauvres d'Allemagne. Mais il ne pas se voiler la face. La victoire du parti d'extrême droite allemand illustre l'échec des partis démocratiques traditionnels. Elle témoigne du fait que ces partis n'ont pas réussi à proposer une offre politique suffisante qui réponde aux aspirations de leurs populations respectives avec des solutions rassurantes. Les politiques d'intégration, quand elles existent ont lamentablement échoué dans leur ambition de créer des sociétés multiculturelles apaisées. Les populations se sentent socialement et économiquement fragilisées. Elles n'arrivent plus à joindre les deux bouts à cause d'un pouvoir d'achat sans cesse en baisse. Sans oublier des questions liées à l'insécurité, à la problématique des étrangers, à l'intégrisme musulman, etc. Ces points sont d'ailleurs aujourd'hui les sujets serinés par les partis d'extrême droite à longueur de journée. L'inquiétude gagne les populations, de même que la peur du lendemain. L'heure n'est plus à la stigmatisation des électeurs qui se tournent désormais massivement vers l'extrême droite. Jusqu'à présent, les partis traditionnels ont du mal à trouver la parade et sont confrontés à des populations qui se radicalisent de plus en plus. L'heure n'est plus à la stigmatisation des électeurs qui se tournent désormais massivement vers l'extrême droite. Les solutions proposées n'arrivent plus à rassurer les populations et sont comme des emplâtres sur des jambes de bois. La preuve est que malgré les solutions, l'extrême droite continue à progresser. Elle s'installe au pouvoir, seule ou en coalition dans plusieurs pays européens (Italie, République tchèque, Finlande, Slovaquie). En Suède, le parti SD soutient le gouvernement sans y participer. Et un séisme n'est pas exclu en France avec la victoire probable du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Des réformes en profondeur s'imposent, mais sans brutaliser les populations.
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