«Je suis si fière de ma ville adorée… Parce qu'elle a réussi à ouvrir son coeur et à vaincre toutes ses contradictions, à réconcilier tous ses mondes et tout son monde», écrit Julie Lemieux dans son texte tiré du livre Rêvons Québec 2025. (Illustration par Elbé)
Je rêve Québec depuis que je suis toute petite.
À 5 ans, assise devant la télé, je rêve de faire partie de la joyeuse bande d'enfants qui entourent le père Noël et la fée des glaces dans le décor féérique des magasins Paquet. J'adore ma si charmante ville de Montmagny, mais la magie de Québec fait déjà son chemin dans mon cœur d'enfant.
À 8 ans, je parcours le Vieux-Québec lors d'un voyage de classe et je découvre l'histoire captivante de cette ville de contes de fées. Je rêve d'en savoir plus, de tout comprendre et de faire moi aussi partie de cette histoire passionnante.
À 10 ans, j'ai le coup de foudre pour les Matinées symphoniques de l'OSQ au Grand Théâtre. C'est décidé: je vais faire de la musique moi aussi. Je rêve de monter sur les planches et de faire vibrer les murs de cette immense salle qui impressionne et transporte.
À 14 ans, je prends le traversier toute seule avec une amie et je découvre la liberté en admirant le Château Frontenac qui se rapproche de moi, en humant l'air vivifiant du fleuve et en me promenant sur la rue Saint-Jean si animée, festive, intrigante. Je rêve de rester. Tout le temps.
À 17 ans, mon rêve devient réalité. Je déménage à Québec et je mords à pleines dents dans ma vie d'étudiante. Pendant six ans, je découvre autant la ville que les banlieues, autant les bars que les musées, autant la forêt que le bitume trop chaud en été. Je vis mon rêve à fond et je ne suis pas déçue. Mais le travail m'appelle. Je dois partir…
À 27 ans, je reviens enfin chez nous et je réalise mon rêve de devenir journaliste au Soleil. Mon chapeau de reporter me fait voir Québec dans tous ses états, dans ses plus beaux atours, mais aussi dans ses blessures et ses faiblesses. J'essaie de lui faire voir ses forces, de susciter des débats, des réflexions, de faire émerger des solutions. Ces 13 années au Soleil me donnent le goût d'agir… différemment.
À 40 ans, je descends des estrades pour plonger dans l'action. Et pendant huit ans, je construirai cette ville que j'aime profondément. Je la rêverai sous tous ses angles, dans toutes les couleurs, je danserai toutes ses danses, je mènerai tous ses combats : patrimoine, culture, aménagement et urbanisme, vélo, protection des arbres… Devenir élue municipale à la Ville de Québec aura été l'un des plus beaux cadeaux que j'aurai reçus de toute ma vie.
À 56 ans, je dirige le Musée de la civilisation, cette institution extraordinaire qui sait si bien nous raconter, nous faire réfléchir à qui on est comme humain, comme citoyen. Tout mon parcours m'a guidée vers ce lieu. Ici, le rêve est notre gagne-pain, la créativité notre eau de vie. Et je peux continuer d'imaginer ma ville d'aujourd'hui et de demain.
À 81 ans, je m'installe sur mon balcon, je regarde mon fleuve, et je fais le bilan. Nous sommes en 2050 et ma ville est toujours aussi magique. Mes petits-enfants adorent se promener dans les musées, découvrir de la musique au Grand Théâtre, courir sur les Plaines, faire du vélo aux quatre coins de la ville sans craindre de se faire blesser. Ils redemandent sans cesse d'aller s'amuser à la Maison des sciences et ça me fait chaud au cœur que ce projet piloté par le Musée de la civilisation ait autant de succès depuis son ouverture en 2028.
Le Vieux-Québec s'est doté de boutiques intéressantes et les cafés sont variés, originaux, si attirants que je voudrais avoir encore 15 ans pour y passer mes journées. Et partout, on a accès à nos rivières, à notre fleuve et à de si nombreuses activités. Les parcs sont verdoyants, l'air est léger hiver comme été.
Je suis si fière de ma ville adorée… Parce qu'elle a réussi à ouvrir son cœur et à vaincre toutes ses contradictions, à réconcilier tous ses mondes et tout son monde. La banlieue a adopté le tramway, les itinérants ont trouvé un toit, les médias et les radios font écho à tous les points de vue sans sombrer dans la facilité.
Et surtout, ma famille et mes petits-enfants ont le goût de rêver. Le goût d'agir, de s'impliquer, de continuer de faire mûrir cette vieille capitale si jeune de cœur. Le dialogue est ouvert, on sait se parler, se comprendre, s'entraider. On se soucie autant des autres que de soi. À 5 ans comme à 56 ans, on rêve de Québec ici et ailleurs. Parce que cette ville est synonyme de beauté, de liberté, de respect, de succès, de bien-être et de bonheur.
En 2050, on peut se dire qu'on a réussi le pari de léguer à nos enfants une ville au grand coeur.
Et vous, quel est votre rêve pour Québec en 2050? On veut vous lire! Écrivez-vous à opinion@lesoleil.com et votre texte pourrait être publié.
Pour se procurer le livre Rêvons Québec 2050, c'est ici.
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