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Uli Windisch

Pourquoi Guillaume Tell défendrait instinctivement la neutralité

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OPINION. Pour Uli Windisch, professeur honoraire de l'Université de Genève et rédacteur en chef des «Observateurs», la neutralité n'est pas née dans les chancelleries mais dans l'expérience d'un petit peuple au milieu des grands. A l'approche de la votation du 27 septembre, il relit la légende de Tell – et y trouve une raison de voter oui On m'objectera d'emblée que Tell est une légende. C'est exact, et c'est précisément pourquoi il faut le prendre au sérieux: une légende ne raconte pas ce qu'un peuple a fait, elle condense ce qu'il est. Or ce que dit la nôtre est d'une actualité troublante, à quelques semaines de la votation du 27 septembre sur l'initiative «Sauvegarder la neutralité suisse», pour laquelle je plaide ici. Rappelons la scène. Sur la place d'Altdorf, le bailli Gessler fait planter un chapeau au bout d'une perche et ordonne à chacun de le saluer. Un chapeau vide: un pur symbole d'allégeance à un pouvoir lointain, qui n'exige rien d'autre que la soumission pour elle-même. Tell passe et ne salue pas. Tout est là. La neutralité suisse n'est pas autre chose que ce geste devenu politique d'Etat: ne saluer aucun chapeau, ne prêter serment à aucun empire, à aucune alliance, à aucun «camp». Non par lâcheté ni par indifférence, mais parce qu'un petit pays au carrefour de l'Europe ne préserve sa liberté qu'à cette condition. Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média. Organisation intergouvernementale européenne créée en 1949 et siégeant à Strasbourg. Sa mission est de promouvoir et protéger la démocratie, les droits de l'homme et l'Etat de droit. Elle œuvre par le biais de conventions ouvertes aux Etats tiers, dont la plus importante est la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
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