Note de la rédaction: la conformité aux directives de ce contenu a été vérifiée. Les opinions exprimées n'engagent que leur auteur.
Si je vous dis Ashun Wu, Zander Lombard ou Manuel Elvira, cela vous dit quelque chose? Non et c'est bien normal. Si je vous dis Georges, Daniel ou Patricia, cela vous dit quelque chose? Non, à moins que cela soit un membre de votre proche famille. Tous les six ont pourtant un point commun: Crans-Montana et son tournoi de golf. Les trois premiers sont des joueurs totalement inconnus du grand public et les trois autres sont des spectateurs présents samedi et totalement inconnus des joueurs…
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Le tournoi de golf de Crans (Omega European Masters de son nom officiel) s'est terminé hier dimanche en toute fin d'après-midi après qautre tours passionnants gratifiés d'une météo somptueuse pour ne pas dire trop chaude. Année après année, début septembre, l'événement sportif bénéficie par tradition d'un temps exemplaire et presque insolent. C'est le plus ancien tournoi européen à être disputé chaque année sur le même parcours. Il attire plus de 50'000 personnes, entre curieux, amateurs plus ou moins éclairés, spécialistes en tous genres, sponsors et clients, le tout formant une faune inspirée mais pas toujours inspirante et placée sous la bénédiction des Dieux du golf. Un sport qui souffre de préjugés, d'idées reçues mais qui provoque des émotions immenses sans parler d'un niveau de stress qui atteint parfois le paroxysme. Et pour les sceptiques, oui c'est bien un sport et pas un truc de riches qui foutent la planète en l'air en gaspillant l'eau et en entretenant des gazons mystérieux (les fairways ou les greens). Ça, c'est dit.
On mesure mal le gouffre abyssal qui sépare le niveau d'un joueur de golf professionnel de celui d'un amateur éclairé. Ce gouffre ne fait que grandir dans le monde du sport: aujourd'hui, les petits génies promis à une éventuelle carrière golfique sont repérés au sortir du berceau et bénéficient pour certains, dès l'âge de 12 ans, d'un coach mental. Pas sûr que cela fasse envie. Au tennis, vous avez une raquette et une balle et vous distillez déjà une multitude de coups différents. Au golf, vous avez une balle plus petite, 14 clubs qui sont autant de raquettes, et vous pouvez inventer des millions de façons de jouer chaque coup. C'est sans fin et d'une extrême complexité.
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Un après-midi au bord des greens de Crans livre des émotions variées et contrastées. On y rencontre des marshals (ceux qui disent «silence») qui connaissent le parcours mieux que quiconque. On découvre sur un green, un peu abandonné du public, Sergio Garcia, qui fut l'un des meilleurs joueurs mondiaux, rater un putt que chaque spectateur golfeur aurait estimé pouvoir réussir et même de plus loin… Les mêmes redonnent espoir en la race humaine quand ils disent «Tiens, je vais essayer ce coup» alors que ce coup est totalement impossible à reproduire pour eux. L'espoir fait vivre. Et les plus despérés qui ont abandonné tout espoir de progresser et se réfugient volontiers sur les terrasses ou autres espaces VIP qui fleurissent depuis peu sur le parcours. Ils s'adonnent à la boisson, parfois plus que de raison. Les «silence» des marshals ne les atteignent plus.
Il faut aussi parler des hommes de l'ombre à Crans. Samedi vers 15h30, surgies d'on ne sait où, des dizaines de machines sont remontées la rue du Prado – tondeuses, lisseuses, souffleuses et je ne sais pas quoi d'autre – afin d'aller remettre le parcours en état pour le lendemain. Loin des lumières des projecteurs, les jardiniers abattent un travail immense et nécessaire.
Ainsi en va-t-il du tournoi de golf de Crans, mélange de beauté (le site est exceptionnel), de silences quand même, de coups ratés et de coups magiques, de commentaires éclairés et d'espoirs à venir…
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